👉 On vous partage notre 1er bilan de la nouvelle version de SensCritique.
Continuez à suivre l'avancée du site sur journal de bord.

Une élection papale qui débouche sur une incapacité physique et mentale du nouvel élu, ce n'est a priori pas très excitant. Mais c'est sans connaître la verve de Nanni Moretti, qui transforme cet événement, aussi tragique pour les Cardinaux que pour le milliard de Catholiques qui attendent cette apparition comme celle du Messie, en une suite de péripéties ludiques, improbables et délirantes, qui, par moments, confinent à une grosse farce.

Ce débordement commence avec l'apparition insolite d'un psychanalyste athée (Nanni Moretti lui-même), qui se voit contraint d'entamer un entretien avec le dépressif devant l'assemblée des Cardinaux, pour être ensuite emprisonné dans le Vatican puisque nul ne doit quitter l'enceinte sacrée tant que le nom de l'élu n'est pas révélé. Ce n'est que le début d'une suite de débordements en tous genres. Totalement traumatisé par l'événement, le nouveau Pontife déambule dans les rues, s'installe dans une troupe théâtrale qui lui rappelle son ardent désir juvénile d'intégrer une troupe, tandis que les Cardinaux, certains que leur Pape se repose dans sa chambre, passent leur temps à jouer aux cartes puis à former des équipes internationales de volley-ball. Contrairement à ce que l'on pouvait craindre, rien dans toute cette tragi-comédie n'est ennuyeux. Bien au contraire, le spectateur se retrouve souvent devant une franche bouffonnerie, avec, en maître de cérémonie absent un Michel Piccoli émouvant de fragilité, d'une justesse et d'une sobriété exemplaires.
Mais quelle est la finalité de tout ce remue-ménage dont les tenants et les aboutissants semblent bien superficiels ? Une satire du Vatican et de ses rigidités mortifères pour la foi ? Un constat du déficit de spiritualité dans le monde profane tout comme dans le monde clérical ? Bof... Car, dans tout ce processus de prise de conscience, pas une once de spiritualité ne sourd. Les Cardinaux sont uniquement préoccupés des apparences et de la précision du rituel d'élection. Quant au nouveau Pape, très éloigné des préoccupations mystiques inhérentes à sa fonction, il entrevoit simplement le début du commencement d'une ouverture vers les blocages inconscients qui, en ces instants solennels, viennent opérer une paralysie incongrue. Quoi qu'il en soit, c'est la comédie qui prend le pas sur le tragique, et, en l'occurrence, cette option laisse assez perplexe quant à son opportunité. Ce n'est en tout cas pas tous les jours que l'on voit le Cardinaux danser sur un "Todo cambia" chanté par Mercedes Sosa...
bernardsellier
6
Écrit par

il y a 2 ans

Habemus Papam
Aurea
7

Panique au Vatican

Les pourpres et les ors pour élire un nouveau pape, transformant en Saint Père un vieux cardinal simple et discret interdit par une telle consécration. Panique au Vatican, fuite et subterfuges pour...

Lire la critique

il y a 10 ans

68 j'aime

24

Habemus Papam
Torpenn
7

Je n'ai pas envie de lui chercher des crosses...

Ca faisait pas mal de temps que je n'avais pas pris autant de plaisir devant un film récent, moi... Alors que je pensais ce bon Nanni mort et enterré depuis dix ans (mon Dieu !... L'horrible Caïman...

Lire la critique

il y a 10 ans

57 j'aime

58

Habemus Papam
Grard_Rocher
8

Critique de Habemus Papam par Gérard_Rocher

Le Vatican est en effervescence, le Pape est décédé. Les fidèles par milliers envahissent la Place Saint-Pierre afin de découvrir le nouvel élu. C'est à l'issu du Conclave que le monde connaîtra le...

Lire la critique

il y a 7 ans

48 j'aime

14

Parasite
bernardsellier
7
Parasite

Désillusions

Boon jong ho nous a déjà offert plusieurs œuvres passionnantes : "Memories of murder", "The host", "Okja"... Mais aucune de cette richesse. Est-ce un film social ? Oui ! Est-ce un drame ? Oui ! Une...

Lire la critique

il y a 2 ans

1 j'aime

The Outsider
bernardsellier
8
The Outsider

Noir, c'est noir...

Juste après avoir quitté Jason Bateman dans la première saison de "Ozark", nous le retrouvons ici en coupable offert à la vindicte publique, et, avouons-le, toujours aussi peu expressif. Est-ce sa...

Lire la critique

il y a 2 ans

1 j'aime

Enragé
bernardsellier
6
Enragé

Vous avez dit : Bulldozer ?

Rachel (Caren Pistorius) est en plein divorce d'avec Richard. De plus, ce jour-là, elle est très en retard pour amener son fils Kyle (Gabriel Bateman) au collège. Elle klaxonne un gros véhicule qui...

Lire la critique

il y a plus d’un an