L'apprenti sorcier

Avis sur Harry Potter à l'école des sorciers

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Harry Potter (Daniel Radcliffe) est élevé dans une famille adoptive dont les parents le détestent autant qu’ils chouchoutent leur fils. Mais lorsqu’Harry reçoit une lettre de Poudlard, fameuse école de sorciers, c’est le branle-bas dans sa famille d’accueil, qui refuse de perdre son souffre-douleur. Ce serait toutefois sans compter sur l'intervention du géant Hagrid (Robbie Coltrane), garde-chasse du lycée Poudlard, qui vient arracher de force Harry à sa famille, lui révélant ses origines exceptionnelles. Mais à Poudlard, la vie ne sera pas de tout repos non plus, surtout lorsque Harry et ses amis découvrent un complot qui menace la vie du lycée, mais aussi le monde des sorciers…

Il serait tout-à-fait superflu de présenter la saga Harry Potter, phénomène mondialement connu au succès qui ne se démentira jamais. Si le sens de la mesure est rarement une caractéristique des principaux fans de la saga (comme c'est le cas pour la plupart des grandes sagas), il faut leur reconnaître que l’ambiance magique créée par J.K. Rowling, et mise en scène ici par un Chris Columbus en grande forme, fonctionne si parfaitement qu’il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas se laisser séduire.

On pourra en revanche regretter une certaine naïveté de ton, que l'aspect enfantin du film n'excuse pas totalement, tant l'écriture des personnages bascule régulièrement dans une caricature au manichéisme outré, séparant trop distinctement le camp des méchants (la famille d’accueil d’Harry, Draco Malefoy…) et le camp des gentils (Harry et ses amis, Dumbledore, le professeur McGonagall…), en tous cas jusqu’à un twist tout-à-fait réussi qui nous montre justement que cette distinction trop franche était sans doute voulue, afin de nous égarer davantage. Il aurait tout de même été sans doute préférable de nuancer un peu les différents caractères en nous montrant davantage les motivations profondes de chacun des personnages, mais avouons que le reste de la saga rattrapera - au moins partiellement - cette erreur.
Etant donné, donc, que la saga grandira avec son public et ses personnages, on voit ici que le film est davantage orienté vers les enfants. Même s’il se savoure sans problème en famille, cela se ressent malgré tout, et particulièrement dans un humour assez simplet, voire à la limite du bouffon (la famille d'accueil d'Harry, le combat contre le troll). Mais évidemment, comme on est dans une saga à l'atmosphère singulièrement magique, ces défauts ne sont ici soulignés qu'en tant qu'imperfections empêchant le film de prétendre au chef-d'oeuvre plus que comme des fautes majeures. Ainsi, il est d'une trop grande facilité de passer outre ces défauts pour s'autoriser à le faire, tant tout, dans la forme, réussit à nous immerger à merveille, de la photographie somptueuse de John Seale aux décors grandioses de Stuart Craig, en passant par un casting d'une rare perfection, même si on sent que le jeu des jeunes acteurs est encore souvent en rôdage.

Enfin, peut-on parler d’Harry Potter sans parler de John Williams ? A l’image de sagas telles qu’Indiana Jones, Star Wars ou Jurassic Park, Harry Potter doit bien évidemment une grande partie de sa réussite – voire même de sa notoriété – à sa musique, véritable suite symphonique qu’on dévore avec les oreilles tout autant qu'un plaisir de tous les instants. Et c’est bel et bien grâce à ce superbe travail sur la forme (visuelle autant que sonore) qu’on est indulgent avec le fond, parfois plus bancal, du film.
On le sent bien à la vision du film, Harry Potter à l’école des sorciers est encore assez fragile, et les liens qui le maintiennent en place sont assez ténus, mais ils ne demandent qu’à s’affirmer. En attendant, Chris Columbus réussit parfaitement à nous faire oublier que l'on aurait pu avoir Steven Spielberg à la réalisation, et quand on y pense, c'est tout de même un sacré tour de force. Sans compter que lorsqu'on regarde son film avec à l'esprit ce à quoi ressembleront les nombreuses suites, on ne peut qu'admirer les fondations posées par un épisode au charme si intemporel que malgré ses légères imperfections, on peut facilement le ranger dans la catégorie des grands films.

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