Un film Ikea.

Avis sur Hunger Games : La Révolte, partie 1

Avatar Loïc Massaïa
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Avant d'entamer la critique de cet épisode, je vais revenir sur mon avis sur les 2 précédents.

Hunger games, de Gary Ross, était truffé d'incohérences et facilités plus énormes les unes que les autres, mais le film se laissait regarder grâce à un univers original, une Jennifer Lawrence magnétique et une réalisation stylée (bien que stéréotypée). Le truc qui m'a le plus laisser perplexe : le discours du président sur le pourquoi des Hunger Games. J'ai trouvé ça tellement gros, bête et improbable, que j'aurais préféré aucun éclaircissement plutôt que cette arnaque.

Le 2ème épisode, l'Embrasement, m'a plus satisfait. Bien sûr, il est loin d'être impeccable, et je comprend que certains s'en soient désintéressés à cause de son scénario copié-collé sur le premier. C'est vrai que les grands axes sont exactement les mêmes, et cela peut donner l'impression qu'on nous ressert le même film. Mais c'est un peu comme dans certaines séries télés où on nous propose à chaque fois la même structure narrative (Rintintin, cold case, docteur house...), au fond l'important n'est pas l'ossature rythmique des épisodes, mais ce qui va graviter autour qui fera le sel de la chose. Ici c'est un peu pareil, j'ai trouvé ça intéressant de constater qu'avec une trame excessivement similaire, on puisse nous présenter des scènes qui -prisent indépendamment- développaient des enjeux différents -et parfois plus approfondis- que celles du premier épisode. La réalisation était plus académique, mais traitait plutôt efficacement la chose. En fait, le plus gros défaut de cet épisode est de passer après le premier, mais en même temps c'est ce qui en fait sa principale qualité.

Attaquons la critique de Hunger Games, la révolte, 1ère partie. Oui, première partie car, on commence à en avoir l’habitude, difficile de se séparer d’une poule aux oeufs d’or. Les producteurs tirent sur la corde, comme ça a été le cas pour harry potter et pour twillight. Dans le cas du petit sorcier à lunette ce fut globalement bénéfique, pour twillight j’en sais rien vu que je n’ai pas pu dépasser la nullité du premier. Qu’en est-il pour Hunger Games ? Bien évidemment chacun aura son avis, mais à titre personnel, je me suis profondément ennuyé : Ce qu’il se passe dans le film aurait pu être raconté en 40 minutes. En prenant son temps, c’est dire. Tout n’est que digressions et rallonges à gogo.

SPOILERS ON

Par exemple, il y a une scène où Katniss repart à la recherche de sa soeur lors d’une attaque… Les portes se referment derrière elle, donc on sait pertinemment qu'elle reviendra à temps. Sinon le film s'arrête là. Aucun enjeu crédible de ce côté là, donc. Si sa soeur était morte, ensevelie par les décombres, ça aurait apporté une profondeur psychologique aux choix de Katniss, cela aurait pu modifier certains enjeux, ses relations avec les dirigeants du district 13, ou au moins cela aurait apporté de l'émotion. Nada, elle retrouve sa soeur en deux temps trois mouvements, et elles reviennent en courant pour passer tout juste la porte en train de se refermer. OULALA quel suspense ! Cette scène ne sert donc à rien, à part à tenter de nous réveiller de notre torpeur et donc à rythmer un minimum le film. Et c'est 3 ou 4 minutes de gagné.

SPOILERS OFF

C’est assez pathétique de voir comment le scénario tourne autour du pot. Par exemple, je ne supporte plus qu'on essaie de créer de faux enjeux qui n'apportent rien, comme quand on fait changer d’avis certains personnages de manière à rallonger la sauce. Ce qui suit n'est pas un spoil, ça prend 2 min et n'a aucune incidence sur rien. Dans une scène, Philip Seymour Hoffman tente d'embaucher Effie (l'hotesse des tributs du 12eme district) pour s'occuper de Katniss, la future égérie de leur propagande anti-capitole. Elle dit non, elle est catégorique. Philip ce petit taquin la titille 15 secondes, elle réflechit 5 secondes, et dit oui. Ca sert à rien, même pas à enrichir la psychologie du personnage, mais c'est 20 secondes de gagné !!! Imaginez que des trucs comme ça qui servent à rien, il y en a pour combler 1h20 de récit (souvenez-vous, le récit tiendrait en 40 min) !

En plus, pendant 1h30 de film, on n'a qu'UN SEUL ENJEU ("récupérer Peeta d'amur", qu'on a toujours pas compris pourquoi elle l'aime, d'ailleurs, ce petit con fade et sans charisme). Le film commence enfin à se réveiller un peu dans la dernière demi-heure, avec une légère monté de la tension (et donc de l'attention, héhé) sans jamais pour autant atteindre le moindre climax.

Le réalisateur étant le même que dans l’opus précédent, pas de surprise, c’est simple, sans ampleur, mais ça fait le job. Et encore, certaines scènes qui pourraient être poignantes, sont tellement enlisées dans un académisme sans relief que rien ne s'en dégage. Et avec un scénario pareil, ça ne suffit vraiment pas.

Il y a bien de bon acteurs, mais sous-exploités. Un bon concept avec cette idée de guerre de propagande et de manipulation par l'image, mais trop simplifiée et caricaturale. Il y a quand même un bon twist, que j'ai trouvé assez surprenant tellement tout était lisse et cousu de fil blanc jusqu'alors... Mais il arrive trop tard... Bref, pas grand chose à sauver...

Tout fait tellement faux et artificiel qu’on a l’impression d’assister à une visite de magasin d'ameublement, lisse et sans aspérité. Et beaucoup trop de choses sont là pour meubler. C’est ce que j’appelle “un film ikéa”.

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