Obéir ou ouvrir les yeux

Avis sur Invasion Los Angeles

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Avant que Snowden ne se fasse connaître, avant que tout le monde connaissent les mots Rothschild, Illuminati ou Rockfeller, avant que les conspirations ne soient révélées, qu'Alex Jones fassent des vidéos, avant que David Icke arrête le football, avant que le concept de complotisme soit popularisé (car inventé par la C.I.A. lors des retombées de l'assassinat de JFK), avant même la série X Files, avant qu'on parle de fluor sur internet, avant tout cela il y a eu : They Live. Film à la fois prolo et en avance sur son temps, à la fois malin et série B qui fait mine de se couvrir de ce voile. L'auteur, lui, vous dira plutôt que c'est la lecture d'une nouvelle et son dégoût pour les Reaganomics qui l'ont poussé à faire ce film. De toute manière le film marque par son côté visionnaire.
Car il y a tout dans ce film : la collaboration aux oligarques de ceux qui veulent à tout prix s'enrichir pécuniairement, même un sans-abri du reste, les media qui répandent la peur, l'argent comme seul but et le conditionnement permanent par la télévision et les ondes elle mêmes. Sans oublier les oligarques eux-mêmes bien évidemment, pour la plupart venus d'ailleurs (littéralement …ou pas), et la police (à majorité humaine, nous dit-on !) qui les protège … et fait même plus. Toujours d'actualité donc.
Il y aussi un questionnement psychanalytique fondamental américain : le rapport au père. Celui-ci est couvert brièvement dans une scène, qui est le pivot du film, où le héros prend la résolution de lutter contre ces envahisseurs inconnus. C'est en dernière instance par réaction à l'attitude de son père que Jonh Nada va réagir à la menace. Et donc au final cela rejoint la question philosophique centrale du film : qu'est-ce qu'être un humain ? Au passage, on peut noter qu'il ne veut rien car il s'appelle … rien (nada).
Le casting est comme souvent chez Carpenter un des point forts et le choix d'un ancien catcheur dans le rôle principal renforce l'impression de loup solitaire musculeux cherchant du travail sur les chantiers. En effet la vie de Roddy Piper ressemble à celle du personnage du film en certains points.
Ce choix lui sert aussi à réaliser une des curiosités du film : une scène de presque dix minutes de bagarre entre les deux personnages principaux du film, au prétexte fort léger. Comme d'habitude, le réalisateur se permet des inventions que d'autres ne peuvent pas se permettre.
Un film unique, à part, comme l'ensemble des réalisation de Jonh Carpenter d'ailleurs, à revoir de nos jours pour être une nouvelle fois étonné par sa candeur et sa justesse.

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