Enroulé dans le mauvais sens

Avis sur Kaamelott - Premier Volet

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S’il y a un film événement en 2021, c’est bien celui-ci. Pour resituer le contexte, précisons que je ne suis pas un fan hardcore de Kaamelott. J’aime, comme tout le monde. En l’occurrence beaucoup plus le début que la fin de la série que je n’ai pas vraiment suivie dans les détails. Parmi mes craintes concernant ce format long métrage, il y avait donc celle de voir une septième saison dans la continuité de la sixième. Autre problématique de taille, le format original de la série peut-il être transposé en un film de deux heures sans en souffrir ? Pour ce qui est de l’histoire, on est effectivement après les évènements du livre VI (c’est comme ça qu’on dit dans le jargon) et ce qu’on va voir est la suite directe de la série. Lancelot dirige d’une main de fer le royaume suite au départ d’Arthur que personne n’a vu depuis belle lurette. La résistance s’organise et espère le retour du jedi, du roi, du héros. Le truc c’est qu’Arthur n’a pas des masses envie de revenir. Premier constat, il va falloir raccrocher les wagons de l’histoire mais au final, on n’est pas si perdu que ça et on remet vite les choses en place. Fort heureusement, le début du film est vif, drôle et enlevé, grâce, surtout, à un Guillaume Gallienne fort à propos. Et peu à peu, l’intrigue s’installe et les personnages refont leur apparition. Chacun son tour. De manière presque mécanique. Et là on touche un des premiers problèmes. À la manière d’un Star Wars, Astier se plie à l’exercice du « fan service » qui consiste à insérer autant de coups de coude de connivence que possible à l’intention du fan venu chercher sa dose. Ça donne l’impression d’un manque de spontanéité et ça impose des contraintes scénaristiques qui nuisent à l’efficacité. Puis viendront de nombreux flash-back montrant Arthur gamin et apprenti soldat pour Rome. C’est long, assez ch*ant et inutile (pour l’instant suppose-t-on). Et surtout, ces séquences ont pour objet d’installer une dramaturgie au final poussive et balourde. Tant qu’on est sur la mise en scène de l’intrigue, le piège était de ne pas parvenir à retrouver en 2h le ton vif et surprenant de l’épisode de 5 minutes. Et bien paf, on est dedans. Le montage elliptique qui faisait claquer les dialogues dans la série et leur donnait tout leur sel n’est plus. Les plans sont longs et les transitions paresseuses. Résultat, les situations tombent trop souvent à plat malgré un formidable travail de dialoguiste. Pour ce qui est de l’aspect visuel du film, il y aura là aussi des choses à redire. A commencer par les costumes. J’imagine qu’un costume aussi moche pour Lancelot ne peut être que voulu mais … pourquoi ? Et que dire du prêtre qui semble porter un bout de combi de bodyboard ? Quant à Arthur, il ressemble farouchement à Florent Pagny. On regrettera aussi l’utilisation abusive des images de synthèse et on rappellera que la création cinématographique ne nécessite pas de tout montrer. Ainsi, on pouvait fort bien se passer des images de destruction du château qui sont cheap et moches. En revanche, on peut saluer le travail du chef opérateur pour la très belle image contrastée et un éclairage très classe. Bon au final, on en dit quoi ? On en dit que ce n’est pas foncièrement mauvais mais c’est probablement raté. Il y a bien 30 minutes en trop et de nombreuses mauvaises décisions. Il reste tout de même quelques scènes vraiment très drôles où l’humour absurde et potache retrouve toute sa place. On aurait certainement aimé un peu plus de folie dans ce projet monumental. A suivre …

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