Ma vie c'est de la merde, et je l'échangerais bien contre celle du roi du Maroc.

Avis sur La Face cachée de Margo

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Spoiler warning : ne pas lire si vous ne voulez pas connaitre la fin.
Mais pour un avis rapide : les personnages sont de gigantesques têtes à claques, et c'est nullissime à tel point que c'en devient drôle sans même le vouloir : la morale de l'histoire étant que l'amitié c'est ce qu'il y a de plus important alors que sérieusement ce mec a les pires amis du monde.

Tout a commencé il y a quelques jours, lorsque Margo a disparu, après qu’elle m’ait demandé de l’aide pour se venger de son petit ami qui l’a trompée. Si j’en crois les indices qu’elle a laissés derrière elle, elle serait dans une ville fictive à 2000 km d’ici. Étant donné que ces indices me sont visiblement adressés personnellement, j’en déduis qu’elle veut que je la rejoigne et pour cela je m’apprête à prendre la voiture familiale. M’accompagnent dans ce voyage 4 amis : mon meilleur pote et sa copine, le seul noir du lycée qui sort avec la seule noire du lycée, c’est beau comme coïncidence ; mon autre meilleur pote, un mec hyper relou qui parle constamment de vouloir coucher avec ma mère, je ne sais même pas pourquoi je suis ami avec lui mais bon j’ai tellement pas de personnalité que j’ai seulement deux amis donc je ne vais pas trop faire la fine bouche ; et une amie de Margo à qui j’ai jamais parlé jusqu’à hier mais qui apparemment s’inquiète de ce qui est arrivé à son amie. On va sécher les cours et disparaitre pendant 2 jours, ma mère est au courant mais ça ne semble pas l’inquiéter outre mesure, je ne suis pas certain qu’elle se soucie de ce qui peut m’arriver…

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Ca fait seulement une heure qu’on est partis et mon meilleur ami n’arrête pas de me taper sur le système. Et je ne parle même pas du boulet complètement bourré qui a pissé dans ma voiture, c’est bizarre à dire mais ça encore ça va. Je parle de l’autre complètement stressé à l’idée de rater le bal de fin d’année dans deux jours. Apparemment lui et sa copine ont prévu de le faire pour la première fois à cette occasion. Je ne comprends pas bien la symbolique mais je leur ai promis qu’on serait de retour à temps, même si en ce qui me concerne il aurait pu ne pas nous accompagner si ça l'inquiétait autant. Il n’empêche que ça commence à m’énerver sévèrement qu’il me fasse constamment des remarques sur le fait que je ne roule pas assez vite à son goût. Le pire étant bien sûr quand il a menacé de partir sans nous si on s'arrêtait plus de 5 minutes à la station-service. Et en toute honnêteté, j’ai un gros doute sur le fait de savoir s’il était réellement capable de nous abandonner au milieu de nulle part. Pour lui faire comprendre à quel point il se comporte comme un connard je lui ai pris un t-shirt avec le drapeau des confédérés dessus. Il a cru que je ne l’avais pas fait exprès et que je l’avais juste pris dans la précipitation. Merde.

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Suite à un accident, nous avons dû nous arrêter et passer la nuit sur le bord de l’autoroute à attendre une dépanneuse. C’est vrai, je n’avais pas vu la vache en plein milieu de la route. Mais d’un autre côté j’ai beau leur expliquer que rouler 20h d’affilée c’est fatigant et que je risque de perdre mes réflexes, ce qui peut être dangereux, pas un seul d'entre eux ne s'est proposé pour prendre le volant à ma place. Au matin, j’apprends que mon pote noir a couché avec sa copine. Ils sont tous les deux très fiers, et je n’ai pas eu le courage de leur faire remarquer qu’une première fois au bord d’une autoroute ce n’était pas très romantique malgré ce qu'ils semblent croire. Bon, au moins maintenant il va sans doute me lâcher avec son histoire de bal de fin d’année. Autre surprise, mon autre meilleur pote s’est mis en couple avec l’amie de Margo qui nous accompagne. Je n’ai aucune idée de ce qu’elle peut trouver d’attirant chez cet obsédé mais bon.

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Nous sommes enfin arrivés, mais Margo n’est pas là. C’est normal en même temps : visiblement elle habite dans une cabane abandonnée, mais en journée elle doit bien sortir, ne serait-ce que pour aller se nourrir. J’ai donc proposé à mes amis qu’on l’attende, mais ça les fait visiblement vraiment chier : après seulement une heure ils parlent déjà de repartir. Toujours à cause de cette histoire de bal qu’ils ne veulent surtout pas rater. J’ai beau leur expliquer qu’après 20h de route aller, ça n’est pas si grave d’attendre un peu, mais ils ne m’écoutent pas. À croire qu’ils ont oublié pourquoi on a fait tout ce voyage, pourtant si je me souviens bien je ne leur ai rien demandé et ce sont eux qui ont insisté pour venir. Même la soit disant meilleure amie de Margo n’en a subitement plus rien à faire. Je vais leur donner les clés de la voiture et leur dire de rentrer sans moi si ils veulent, ça leur donnera sans doute conscience d’à quel point leur comportement est puéril et égoïste.

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Leur donner les clés était une mauvaise idée. J’ai du mal à y croire, mais face à la proposition de rentrer sans moi, ils ont immédiatement accepté, sans aucune hésitation. Pas un seul n’a pensé aux conséquences que cela pourrait impliquer, ils veulent juste rentrer chez eux. J’ai donc la réponse à la question que je me posais : mes amis n’ont littéralement pas hésité une seule seconde à m'abandonner au milieu de nulle part, et à prendre ma voiture quitte à me laisser sans aucun moyen de déplacement, pourvu que cela leur permette d’aller au bal de fin d’année. Un putain. de bal. de lycée. à la con. Je suis donc actuellement perdu au milieu de nulle part, la ville la plus proche est à plusieurs kilomètres, je ne sais pas si je vais m’en sortir et je hais mes amis en ce moment précis.

[…]

Par miracle, je suis tombé sur la seule voiture à 20 km à la ronde et elle a accepté de me prendre en stop. Encore heureux car un peu plus et c’était l’insolation, l’évanouissement, et je finissais dans la rubrique « faits divers » du journal local. En ville, j’ai également retrouvé Margo. Comme quoi même seul et sans voiture ça n’a pas pris tant de temps que ça, mes enfoirés d’amis auraient totalement pu m’aider quelques heures de plus et je n’aurais pas à rentrer en bus. Car je ne rentre pas avec la voiture de Margo, puisque je ne rentre pas avec Margo : il se trouve qu’en réalité et malgré les nombreux indices qui m’étaient adressés personnellement et menaient à cet endroit précis, elle ne s’attendait pas à ce que je vienne la rejoindre. Elle voulait simplement indiquer qu’elle allait bien et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Un simple post-it aurait suffi pour cela, même avec son écriture illisible où elle met des majuscules n’importe où de manière aléatoire, « parce que c’est injuste que seule la 1ère lettre soit une majuscule », cette fille a vraiment un problème. Puis elle est partie dans un blabla pseudo-philosophique, mais je ne me souviens plus de ce qu’elle a dit exactement. J’étais trop fatigué d’avoir roulé pendant 20h et m’être fait abandonner par mes propres amis pour écouter ses conneries d’adolescente super profonde, je voulais juste rentrer chez moi et pleurer. J’ai l’impression que le monde entier m’a tendu un piège et se fout actuellement de ma gueule.
Chose amusante : j’ai fait tout ce périple pour retrouver Margo en étant persuadé que ça allait changer ma vie mais une fois arrivé à la fin j’ai réalisé que j’avais poursuivi une chimère tout ce temps. Exactement le thème de « Moby Dick », un livre dont on a parlé en classe cette semaine justement. La coïncidence est quand même assez énorme, si j’étais dans un film on pourrait dire que ça rend la fin ultra prévisible. Et l’on pourrait reprocher à l’auteur du livre dont serait adapté ce film d’avoir les chevilles tellement énormes qu’il se prend pour le nouveau Hermann Melville.

[…]

Après avoir passé 20h dans un bus à côté d’un obèse qui suait comme un porc, je suis enfin rentré chez moi. À temps pour le bal de fin d’année malgré tout le retard accumulé, prouvant par là même que les raclures qui me servent d’amis auraient totalement pu rester m’aider et rentrer quand même à temps. J’ai considéré l’idée d’aller au bal pour aller défoncer leurs têtes à grands coups d’extincteur, mais une fois arrivé sur place je ne l’ai pas fait. J’ai en effet réalisé que toutes raclures qu’ils étaient, ils restaient mes meilleurs amis au monde, et qu’ils étaient la meilleure chose qu’il me soit arrivé dans ma vie. Parce que ma vie, c’est de la merde.

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