Magnifique

Avis sur La Forme de l'eau

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Ça m’arrive très rarement mais il y a des films comme ça pour lesquels j’ai le pressentiment qu’ils vont énormément me plaire dès la première fois que j’en vois les images dans les bandes-annonces et généralement ce pressentiment est bon. La Forme de l’Eau en fait partie.

Quel beau film ! Et comme je me suis réjouie lors de la cérémonie des Oscars quand il a remporté tous ses prix (Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur décor et Meilleure musique de film)… Pour ma part, je trouve qu’ils étaient mérités. Je confirme, Guillermo Del Toro est revenu en force cette année et son film a été un véritable coup de cœur pour moi.

J’ai été totalement emballée par ce magnifique conte et ses personnages.
Alors oui on retrouve le même schéma que La Belle et la Bête qu’on a déjà vu et revu mais bon, quand c’est bien fait, ça passe quand même vachement bien et en l’occurrence, ici, c’est le cas.

On a 2 personnages principaux en marge de la société qui, incapables de communiquer avec le monde qui les entoure, se trouvent, se découvrent et tombent amoureux. Et on comprend !

C’est une histoire d’amour qu’on explique assez facilement alors qu’aucun des deux protagonistes ne parle ! Le dialogue est quasi inexistant entre eux mais on ressent tout au long du film ce sentiment très fort qui les unit. Tout repose sur les émotions et c’est là que le film offre une version innovante de La Belle et la Bête. En effet, on nous a toujours habitué à voir 2 protagonistes tomber amoureux sans tenir compte de l’aspect extérieure de l’autre en découvrant qui est vraiment l’autre, et en particulier « La Bête », par le biais de la communication : on en apprend plus sur leur personnalité, leur vie, leur passé. Et là, rien ou quasiment rien.
On ne dévoile que très peu de choses vis-à-vis d’Elisa : on sait qu’elle est femme de ménage dans un laboratoire (qui fait quoi exactement ? on ne sait pas), qu’elle est muette (depuis quand exactement ? dans quelles circonstances, s’il y en a ? on ne sait pas), qu’elle vit pratiquement avec son ami et voisin (pourquoi ? depuis quand ? on ne sait pas) et qu’elle n’a visiblement aucune famille (où sont ses parents ? sont-ils morts ? si oui, dans quelles circonstances et depuis quand ?).
Et concernant la créature, on sait seulement qu’il a été capturé en Amérique du Sud où il était considéré comme un dieu par les Indiens mais sinon, c’est le néant total. Il n’a même pas de nom !
Autant dire que les personnages sont un mystère total.

A aucun moment ils ne font allusion à leur passé, à leur vie actuelle ou même à leurs sentiments respectifs. Ils se comprennent et vivent le moment présent, point barre. Ils se créent un petit monde rien qu’à eux, une bulle dans laquelle ils se réfugient à l’abri de la réalité du monde qui revient souvent par le biais de la violence (tortures infligées à la créature, les avances déplacées faites à Elisa par Strickland…).

Après, je l’admets, j’ai ressenti cette petite gêne à voir cette relation contre-nature (il faut l’avouer) s’installer entre eux mais je pense que cela vient du fait que, jusque là, on ne nous a pas habitués à être confrontés à une créature aussi peu humaine.
Alors oui, je sais déjà, ce que vous vous direz : que ce que je dis n’a pas de sens sachant que dans le Disney on a quand même une Bête qui est un mix d’un gorille, d’un loup, d’un ours et autres animaux sauvages et que dans La Belle et la Bête de Cocteau ou Gans on a une Bête qui ressemble à une sorte de lion. Mais dans chacune d’elles, la Bête parle ! Et ça l’humanise forcément de manière considérable, rendant une histoire d’amour plus acceptable alors que là, la créature n’est peut-être pas muette mais elle parle dans un langage incompréhensible pour un être humain puisque totalement animal.
Mais l’alchimie se ressent et fonctionne très bien car les 2 acteurs arrivent parfaitement à lui donner forme.
Et puis, il faut le dire, c’est la première fois que dans une revisite de La Belle et la Bête on voit la sensualité s’installer de manière aussi explicite pour finalement aboutir à un accouplement bien physique.

(La suite de ma critique ici)

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