Nihiliste et machiavélien

Avis sur La Vallée perdue

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J'ai pris connaissance de ce film à la lecture d'une critique de Black Death, sur le site Devildead. J'avais apprécié la façon dont le film de Christopher Smith était parvenu à nous plonger dans la religiosité du Moyen Age. A ce sujet, le chroniqueur de Devildead parlait d'un film similaire qui semblait supérieur, The last valley, réalisé par James Clavell en 1970.

Je n'ai pas été déçu par ce film d'une grande intelligence et complexité. Le film nous plonge dans le 17e siècle de la guerre de Trente ans, en Allemagne, pays ravagé par les conflits religieux entre catholiques et protestants. Un capitaine (Michael Caine) et sa milice mercenaire multiconfessionnelle s'installent dans une vallée encore inviolée, aux ressources et au climat édéniques. Il y rencontre un universitaire en exil, Vogel (Omar Sharif) et doit composer avec les pouvoirs en place ; le chef du village et le prêtre catholique local, qui n'ont pas l'intention d'abandonner leur pouvoir sur la communauté à l'envahisseur.

The last valley est un film politique, philosophique et religieux d'une rare subtilité. On y voit tout d'abord les croyances et superstitions saisissant les hommes, utilisées par quelques intelligences supérieures afin de préserver leurs intérêts. Mais la religion n'est pas simplement mise en scène comme un prétexte à l'instrumentalisation, c'est également une force indissociable de l'intelligence des hommes, qui les pénètre et qui seule peut les aider à interpréter la violence et la mort qu'ils cotoient chaque jour. Le film de Clavell est aussi un bijou machiavélien, stratégique ; on observe les anticipations et manœuvres de chacun des chefs en place pour préserver sa tête. La plus vieille alliance au monde, celle de la faucille et de l'épée, est mise en scène dans toute son essence et son caractère fondateur ; les paysans cultivant la terre, les hommes d'armes défendant la communauté contre les menaces étrangères. La dimension politique du film est brillamment incarnée par les personnages campés par Caine et Sharif, des esprits supérieurs et brillants, dont les conversations tout en subtilité donnent toute sa valeur au film.

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