Et c'est ainsi que Jonah Hill montra sa queue à tous

Avis sur Le Loup de Wall Street

Avatar PFloyd
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Le Loup de Wall Street est un bon film, excellent par moment même.

Mais il aurait pu être tellement plus. Ou alors j'en attendais trop, surtout après avoir vu six de mes éclaireurs lui mettre des 9 avec recommandations avec autant d'aisance que moi descendant de la mortadelle avec du provolone.

Martin Scorsese nous raconte l'histoire de Jordan Belfort, un courtier qui monte sa boîte et qui va se faire un paquet de pognon en vendant des actions d'entreprises non-côtés, avant de toucher le jackpot en introduisant en Bourse la firme d'un créateur de chaussures, et de chuter aussi rapidement qu'il s'était envolé. Dit comme ça, le scénario ressemble à s'y méprendre à d'autres grands films de Scorsese, Casino et les Affranchis en tête.

Mais Martin a plus d'un tour dans son sac. Oublié l'académisme d'un Shutter Island, ou encore le Boston poisseux et (trop) empesé des Infiltrés ; ici, Martin y va à fond la caisse, avec un DiCaprio de feu qui tchatche comme jamais, insulte, blague, et balance des punchlines cyniques par dizaines. Les plans fous s'enchaînent, avec une surabondance de bling-bling, de putes ou de coke et un ton politiquement incorrect qui sert à montrer la vacuité de ce monde, qui, comme le dit si bien Matthew McConaughey au début du film, se construit sur du vide. Et comme je le dit plus haut, le tout est porté par un Leo des grands jours, dans son plus grand rôle, jouant un connard égocentrique et cynique, se baignant dans le pognon et le sexe, se vautrant dans la drogue sans regretter un seul instant son action, mais qui arrive à ne jamais être vulgaire, ce qui est un exploit. Franchement, sur ce coup-là, je ne suis pas déçu.

Non, je suis déçu par d'autres points, qui sont en fait des points forts du film qui le desservent petit à petit.

Car à force de montrer du sexe, des putes, des bites, des moments de défonce, des mecs plus tarés les uns que les autres, je trouve que Le Loup de Wall Street tombe dans la facilité et la redite, comme Burn After Reading dans la filmo des Coen, qui alignait les tromperies comme des perles sur un collier, répétant le même schéma narratif ; de plus, si jamais vous avez vu Casino, vous aurez vraiment l'impression d'avoir un gros sentiment de déjà-vu sur la dernière heure, qui suit le même fil narratif, avec les mêmes moments de bascule et le même déroulement des événements. Et c'est là que je ferais mon plus gros reproche à ce film : il ne me prend pas aux tripes. Les situations se répètent, et je commence à tomber dans l'ennui poli. La chute de Belfort ? Elle est bien filmée, la séquence où DiCaprio pète un plomb est impressionnante, mais ça s'arrête là. Alors, je ne demandais pas une descente aux enfers ultra-sanglante ; mais quitte à aller au bout du délire, autant faire vraiment péter un plomb à Belfort, montrer que la vacuité de ce monde de la finance qui nous est montré durant 3 heures n'est qu'un hachoir qui broie les hommes, car là où les courtiers et les traders se succèdent, le système restera en place, quoiqu'il arrive.

Je trouve ce film un peu vain en fait. Il est marrant, très bien réalisé, bénéficie d'une bonne OST, d'un casting impeccable. Mais je ne vois pas sa finalité, son but. D'où le 7. D'où la déception. D'où l'impression d'être passé à côté d'un chef d'oeuvre.

Je ne sais pas si je suis arrivé à mettre des mots sur mes sentiments. J'écris à chaud, je ne suis peut-être pas lucide sur mes écrits, mes tournures de phrase. Je suis un peu comme un gosse à qui l'on a promis un super cadeau et qui se retrouve avec un bon cadeau. C'est bien, mais pas assez.

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