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Indy rocke

Avis sur Les Aventuriers de l'arche perdue

Avatar SmileShaw
Critique publiée par le

Dans les années 80, on a tous eu envie d’être archéologue, à cause d’Indiana Jones.
Enfin, presque tous. En vérité, moi, je voulais être la meuf d’Indiana Jones.
Et le fait que j’avais 13 ans et lui 43 ne me posait aucun problème. L’âge ne devrait d’ailleurs jamais en être un, en amour. Et ça n’est sûrement pas Chaplin qui me contredirait.

Je me souviens comme si c’était hier de ma première fois avec Indy.
(J’ouvre une petite parenthèse personnelle et, comme ça n’est pas vraiment mon genre, je préfère te prévenir, histoire de ne pas trop te déstabiliser).
En avril 1985, le jour des vacances de Pâques, Benoît Samenges, mon petit copain du moment, me tend une cassette vidéo et me dit : « tiens, comme ça, tu penseras à moi ». Il tentait d’être romantique, le pauvre. C’est mignon.
Pensant qu’il m’avait refilé un nanar (oui, Benoît n’était pas le dernier pour la déconne), et voulant m’en débarrasser dès le début des congés, j’insère donc, le soir même, la dite cassette dans le magnétoscope, celui avec le clapet au-dessus, me saisis de la fameuse télécommande de 2,5 kg et appuie sur play tout en plongeant ma main dans un paquet de Treets (les vieux savent).

Rien que la première image avait fait son petit effet : la montagne Paramount qui disparait pour en faire apparaître une vraie, de la même forme … Waouh ! Il m’en fallait peu, à l’époque.
Puis vint la rencontre, au terme d’une très belle scène, qui en dit long sur Indiana Jones, sans qu’il prononce le moindre mot. Un homme qu’on ne voit que de dos ou de profil, dans la pénombre. Un homme qu’on devine très vite courageux, intrépide. Un homme sûr de lui, que rien n’effraie, qui avance vaillamment, quand ses guides tremblent de tous leurs membres, dans un décor naturel de toute beauté. Soudain il s’arrête, tend la main pour prendre une carte, jette un œil, la caméra, derrière lui remonte, zoome alors qu’il se retourne lentement et là …
Tu me crois, tu me crois pas, le temps s’est arrêté ! Le coup de foudre !
A tel point que j’ai regardé le film tous les soirs pendant ces vacances. Véridique.

Indy, c’est le beau gosse (Harrison Ford, en même temps …). En blouson de cuir, en costume, en tenue égyptienne ou en uniforme nazi, il en jette. Regard ténébreux, sourire narquois, un corps de rêve, il a même la petite touche en plus : la cicatrice au menton. Car on oublie trop souvent le pouvoir de la cicatrice sur les femmes. Et ça n’est sûrement pas Zahia qui me contredirait.
Mais Indy, c’est aussi une tête bien faite : docteur en archéologie, qu’il est, et enseignant, quand il ne parcourt pas le monde. De l’Amérique du Sud au Caire, en passant par le Népal, qu’il voyage en avion, en cargo, en sous-marin, à cheval, en camion, Spielberg lui fait voir du pays et vivre des aventures comme rarement on en a vues.

Oui, Raiders of the lost ark présente tout ce qui définit le grand film d’aventures et d’actions, le parfait divertissement pur jus : un scénario solide, sur fond de mythes religieux, un héros badasse donc, une femme de caractère pour lui tenir tête, les meilleurs méchants qu’on puisse trouver, les nazis, avec lesquels fricote l’adversaire numéro 1 du héros, archéologue lui aussi, élégant, mais vicieux, sournois et prêt à tous les coups bas (un français quoi !), des décors somptueux, du taudis népalais au désert égyptien, en passant par la forêt amazonienne, des touches humoristiques, des combats, des explosions à tout va, des moments devenus cultes (le face à face sur la place du Caire, où on apprendra qu’une bagarre était prévue mais qu’Harrison Ford, malade, a décidé d’abréger), une bande son impressionnante , avec un thème central reconnaissable dès la première mesure … du grand art.

Steven apporte un soin tout particulier à ses prises de vue et à l’éclairage. Les jeux d’ombre et de lumière sont impressionnants et, au-delà d’être esthétiques, servent la narration : le soleil filtrant dans la forêt sud-américaine comme pour guider le héros, son ombre gigantesque sur le mur du café népalais, caractérisant l’énorme importance de l’homme dans la vie et le souvenir de la belle Marion, ou encore le faisceau émanent de l’arche ou de l’idole convoitée par Indy au Pérou, comme symboles du rayonnement de la foi, quelle qu’elle soit ...
(Après, c’est moi qui interprète, ça vaut ce que ça vaut. Certainement pas tripette, donc).

Quoi qu’il en soit, on pourra dire ce qu’on veut sur Steven Spielberg (ils sont légion à lui chier dessus aujourd’hui et j’avoue ne pas vraiment comprendre pourquoi), il n’empêche qu’il pourrait aisément attribuer à ce film l’une de ses répliques cultes :

Nous ne faisons que traverser l’Histoire … Ceci est l’Histoire.

Oui, je le dis comme je le pense : Les Aventuriers de l’Arche perdue fait partie de l’Histoire du cinéma et Indiana Jones en est un de ses plus grands héros.
Même pas peur.

(Et pour ceux que ça intéresse, le jour de la rentrée, j’ai envoyé bouler Benoît Samenges. Et j’ai gardé la cassette. Une vraie biatch).

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