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Marche à l'ombre par Alligator

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Dans le sillon de Viens chez moi, j'habite chez une copine, Marche à l'ombre se taille une belle place. Le film est bon à bien des égards : cadencé, dialogues affûtés, acteurs très naturels, réalisation fort correcte, bien dans son époque. À sa sortie, le film ne m'avait pas fait une gigantesque impression, mais aujourd'hui son identité années 80 me paraît tellement évidente, avec toute sa joyeuse flamboyance.

J'aime particulièrement les dialogues de Michel Blanc, très incisifs, claquant comme des coups de fouet de drôlerie. Les deux acteurs sont particulièrement bons à se renvoyer les répliques. Leur rythme est excellent.

Gérard Lanvin peut-être plus avantagé, car ayant le beau rôle (on disait “jeune premier” dans le temps), projette sa personnalité avec beaucoup de naturel. Je ne sais dans quelle mesure ce rôle constitue une composition, mais il semble en effet totalement en adéquation avec le personnage.

Michel Blanc joue son rôle habituel, avec peut-être lui aussi une part un peu plus naturelle. Avec l'expérience et l'assurance, le comédien arrive à bien moduler, à mettre de la nuance dans son éternel personnage de chouineur malchanceux et de malade imaginaire. Par conséquent, le rôle n’est pas excessif dans la caricature, assoit une certaine crédibilité.

Tout cela est très agréable, fonctionne parfaitement pour mettre le récit sur les rails d’une bonne dynamique. En effet, il faut noter ce bel équilibre dans la narration. Le film est fluide, sans temps mort préjudiciable. Ils existent, mais offrent des ruptures au contraire salutaires.

La parure musicale (Téléphone, Renaud) ajoute une note acidulée de rock à la panoplie du film. Là encore, le film gagne en couleurs.

La photographie de Eduardo Serra est dans ce domaine déjà bien à l'œuvre également. Très claire, avec ce CinémaScope élégant, l'image est une invitation au plaisir cinématographique que j'aurais bien du mal à écarter. Je confesse que ce format exerce une sorte de fascination préalable quand il est aussi bien éclairé. Pour peu que l'histoire soit mouvementée, que les acteurs soient bons et le rythme endiablé, alors je passe très facilement un bon moment (il est vrai que je suis plutôt bon public en règle générale). Quoiqu'il soit, c'est le cas encore.

D'ailleurs, c'est marrant mais je viens de voir un film à peu près contemporain de celui-ci, une autre comédie, d’un autre membre de la troupe du Splendid, Gérard Jugnot : Pinot, simple flic. Et les deux films peuvent se comparer puisqu'ils évoquent la France d’en bas. L’un le fait dans le gras du quotidien aussi bien que dans les ténèbres de la came (Pinot), alors que l'autre (Marche à l’ombre) le fait au rythme d’une musique Jazz ou Rock, dans la lumière du jour avec un état d'esprit nettement positif. C’est fou ce que le traitement photographique d’un film peut déclencher comme prédisposition d’esprit chez le spectateur.

captures et trombi

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