👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

D'après ce que je vois sur Internet, le réalisateur divise autant qu'il fédère. Le problème c'est que je n'ai vu qu'un seul de ses films, et c'était le fameux La Vie d'Adèle. Il avait fait beaucoup de bruit à sa sortie, et à juste titre. Je l'ai quand même apprécié comme il a été tourné dans ma ville et que j'ai passé un bon moment devant, même si je le trouvais légèrement vain dans sa démarche.

Avec Mektoub, on pourra faire exactement le même reproche. Le cinéaste se contente de suivre les vacances d'une bande de jeunes "tout beau tout propre" à Sète en 1994.

Déjà, je n'ai pas vraiment l'impression que ce choix d'époque change quoi que ce soit au pitch. D'ailleurs j'ai remarqué qu'il y avait plusieurs expressions et façons de parler des personnages qui ne devaient pas exister dans les années 90. Mais qu'importe, ce n'est pas le propos du film, car il se concentre surtout sur des histoires de cœur. J'avoue que de ce côté, j'ai été plutôt surpris.

Ça commence avec une scène de sexe crue mais qui ne dure pas très longtemps quand on la compare avec celles de La Vie d'Adèle. Au lieu de s'attarder sur l'ébat en lui-même de manière voyeuriste comme il l'aurait certainement fait par le passé, le cinéaste préfère porter toute son attention sur son actrice après l'acte, la filmant sous tous les angles avec une admiration qui transpire à l'écran (la callipyge Ophélie Bau est incroyable). Et c'est ce qu'il va continuer de faire pendant presque trois heures, filmer de jeunes amoureux sous tous les angles et capter le moindre petit geste ou expression en rapport avec leurs histoires de cœur.

En résulte un film où il ne se passe pas grand-chose, avec très peu d'enjeux. Mais c'est là que j'ai été surpris malgré moi, car après cette introduction très rentre-dedans, j'attendais une succession d'ébats amoureux, alors que le personnage principal se pose plutôt en spectateur et laisse les choses se dérouler sous ses yeux sans jamais intervenir. J'ai eu un peu l'impression que le réalisateur se projetait à travers lui en tant que témoin des événements mais jamais en acteur.

Cela peut même devenir frustrant quand on voit la timidité et l'inaction du personnage face à cette troupe d'actrices absolument solaires que Kechiche met en valeur dans le moindre plan. Mais on peut aussi, comme moi, s'y retrouver, en tant qu'adolescent maladroit et passif. 

Pour conclure, il est évident que le film ne plaira pas à tout le monde et même que certains vont le détester. Je peux tout à fait le comprendre car si on fait le bilan de ces 2h50, rien de notable n'était à retenir. De mon côté, je ne peux pas dire m'être ennuyé, j'avais plutôt envie de les rejoindre sur la plage, en boîte ou même dans cette bergerie que le personnage arpente dans l'espoir de prendre en photo la naissance d'un agneau. Cette dernière est-elle symbolique d'un renouveau pour le réalisateur ? Réponse dans la suite qui sortira l'année prochaine. En attendant, il y a une maturation certaine par rapport à son précédent film.

Deydpool
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Mes crushs à l'écran, Les meilleurs films de 2018 et Films français recommandables

il y a 3 ans

1 j'aime

Mektoub, My Love : Canto uno
mymp
4

Pâté en croupe

Abdellatif Kechiche, depuis La vie d’Adèle, semble désormais devenu plus clivant que jamais (La vénus noire présageait déjà de la chose) et susciter la controverse au moindre de ses mouvements. Les...

Lire la critique

il y a 4 ans

146 j'aime

21

Mektoub, My Love : Canto uno
guyness
3

Sea, sex and seum

Une longue vie de spectateur suffit en général à s'apercevoir que souvent, plus le traitement d'une histoire s'éloigne d'une apparence de réalité, plus on touche au vrai. Prétendre que le contraire...

Lire la critique

il y a 3 ans

95 j'aime

54

Mektoub, My Love : Canto uno
Corentin_D
9

Aimer dans le temps

A premier champ, chant premier : toute en liturgie, l'ouverture de Mektoub, My Love lance magnifiquement le manège estival d'Amin, de retour à Sète après une année parisienne où il abandonna la...

Lire la critique

il y a 4 ans

88 j'aime

5

L'Attaque des Titans, le film
Deydpool
7

Je n'ai pas lu les mangas ou vu l'animé.

Oui vous avez bien lu le titre. N'étant pas du tout intéressé par les animés asiatiques ni leurs versions papier, je n'ai ainsi aucune envie de faire de comparaison entre ce film et son modèle...

Lire la critique

il y a 7 ans

12 j'aime

9

Final Hours
Deydpool
9
Final Hours

"There's still time..."

Un drame poignant en pleine fin du monde où un loser égoïste prend sous son aile une jeune fille égarée, alors que la Terre est progressivement détruite par un météore dont l'explosion atteindra la...

Lire la critique

il y a 6 ans

10 j'aime

Dellamorte Dellamore
Deydpool
9

"I’d give my life to be dead."

Attention aux nombreux spoilers. Que dire de ce film sinon qu'il est l'un des plus beaux que j'ai jamais eu l'occasion de voir. Dellamorte Dellamore fait partie de mon top 5 pour une bonne raison :...

Lire la critique

il y a 9 ans

10 j'aime

7