Cette Lumière qui dirige le destin... Mais pas les rêves !

Avis sur Mektoub, My Love : Canto uno

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Je pense que tout a été dis dans les critiques. Mais j'ai rarement vu parler de l'importance de la lumière dans ce film.

Dès les premiers plans, le soleil éblouît la caméra. Au bout d'un temps, on s'en trouve perturbé. Toute cette lumière nous empêche de voir les scènes correctement. Sauf qu'il y a là tout le côté vacance. Ce côté réel. Qui n'a jamais mis sa main devant sa tête devant le lourd soleil éblouissant de l'été ?

Ce soleil qui nous assomme lors de nos vacances d'été. Ces lumières dans les restaurants, la nuit, qui prolonge le jour. On ne dort pas. Jusqu'en boîte de nuit où le jour ne fini pas. Pas de coucher de soleil. On continu d'être éblouît. Le rêve, les vacances, la joie. Selon les citations de début de film "Dieu est la lumière du monde" ou "...Lumière sur Lumière, Dieu donne Sa Lumière à qui Il veut." On peut même comprendre que dieu est présent dans tous ces moments de vie. Il est la lumière. Il guide. La lumière guide.

Ce qui est génial dans ce film, c'est l'évolution de la lumière. Son utilisation et son importance presque capitale pour la narration imagé d'un film. Par exemple :

  • La mère d'Amin qui lui demande de ne pas rester dans sa chambre, dans le noir.
  • La lumière dans la scène du bar où Charlotte parle à Tony. Tony dans l'ombre, le pêcheur, et Charlotte, la douce, dans la lumière.
  • (Mieux encore...) Amin est avec l'amie d'Anastasia, elle l'embrasse. Le soleil n'est pas là. Pas de rêve. Il cherche autre chose. Sauf que la fin des vacances se fait sentir. la solitude... marche sur la plage. Il cherche, mais quoi ? Il n'est pas avec Anastasia et surtout, pas avec Ophélie... Le soleil n'est pas là, caché par les nuages. Pas de ciel. Mais... Il tombe par hasard sur Charlotte. Et là les citations prennent toute leur sens. Malgré le manque de lumière, Charlotte apparaît comme cette lumière inattendue. Elle est proposait en dépit de ce qu'il a. Peut-être en vain mais ce que cherche Amin est là peut-être. Ce n'est pas La rayonnante Ophélie mais cette lueur (pâle), seule dans l'ombre, qui est Charlotte... Celle qui ressemble à Ophélie... Et là on a le côté tragique. La réalité. Le destin. Mektoub my love...

Bref, on a compris, le film est complètement dirigé par la lumière. Et chaque scène a son interprétation simplement par son utilisation. On est pas là à utiliser l'éclairage artificiellement pour éclairer les visages ou la scène sans chercher de signification. On a une narration par la lumière. Et rien que pour ça, Abdellatif Kechiche nous filme une leçon de cinéma.

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