Solstice et équinoxe

Avis sur Midsommar

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Quand l'Amérique va mal, son cinéma d'horreur se porte bien.

A voir la qualité de Midsommar du prodigieux Ari Aster, on entraperçoit le retour d'une crise existentielle dans les couches profondes d'une Amérique qui s'interroge de nouveau sur son propre destin.

Film solaire, riche, coloré et pourtant glacial et malaisant, Midsommar renouvelle le genre, tout en s'inscrivant dans la droite lignée de chefs-d'œuvre intemporels.
Il y a du The Texas Chain Saw Massacre, du Delivrance ou encore du Straw Dogs dans ce trip initiatique et destructeur dont le théâtre sera le fin fond d'une bourgade suédoise isolée du monde et de laquelle personne ne sortira indemne.

Le rite, le rapport à son prochain, la perte de soi et de l'autre, les paysages, la nature, l'introspection interrogative transpercent littéralement le film et font petit à petit vaciller le spectateur. L'intensité de la métamorphose du récit est maitrisée à chaque instant. Tout va crescendo, droit vers l'horreur.
C'est le grand retour des thèmes structurels du cinéma d'horreur des années 70 avec une subtile couche de modernité et de réinterprétation.

Longtemps qu'on avait pas vu quelque chose d'aussi fort, d'aussi âtre, rugueux, viscéral et dérangeant dans une salle de cinéma.
Et si le salut du cinéma US passé par le film de genre ?

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