Le film de SF... presque sans SF

Avis sur Prédestination

Avatar Remy Pignatiello
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Le gros souci avec Predestination, c'est qu'outre une intrigue aux rebondissements ultra-convenus malgré un pitch pourtant prometteur, le film se retrouve obligé (du fait de son pitch) de nous envoyer... 51 min d'exposition.

Et pour un film de SF de 97 min (générique inclus), 51 min de drame féminin façon Jane Austen, c'est beaucoup. Et un peu hors-sujet aussi. Alors certes, Sarah Snook s'en sort bien, mais en même temps, on s'en fout un peu non ? Je veux dire : elle est où, l'enquête à grand coup de bonds temporels ? Ailleurs, ou du moins : plus tard, beaucoup plus tard.

Et le pire, c'est qu'après s'être enfilé tout cela, l'intrigue se morfond dans des rebondissements entre facepalms et téléphonie la plus totale. En fait, le film se retrouve malgré son pitch prometteur à faire du 1er degré intégral, ce qui l'empêche systématiquement de se démarquer, et les théories les plus bateaux sur le dénouement de l'histoire s'avère malheureusement les plus justes. Car derrière son pitch high concept, le film n'a pas véritablement d'inventivité, de créativité. Il est lourdé, complètement collé au sol, incapable de décoller. C'est aussi cela qui le force à vouer plus de 50% de sa durée à son exposition : l'incapacité la plus totale de faire autrement qu'en faisant simple, droit et 1er degré, et tant pis si c'est interminable.

Dommage.

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