Alors que son patron la charge de déposer 40 000 dollars à la banque, Marion Crane (Janet Leigh) décide de s’enfuir avec l’argent pour rejoindre son amant Sam Loomis (John Gavin). Sur la route, une forte pluie la force à s’arrêter dans un motel quasiment désaffecté, tenu par un certain Norman Bates (Anthony Perkins). Elle va y découvrir les joies de la douche à ses dépens…
Que resterait-il aujourd’hui de Psychose sans la célébrissime scène de la douche ? Beaucoup de choses, bien sûr, mais il est vrai que le cœur du film se trouve très clairement dans cette scène inoubliable, sans doute la plus connue, et peut-être la meilleure, du cinéma d’Hitchcock, dans laquelle Saul Bass atteint, lui aussi, un sommet de sa carrière, étant à l'origine des story-boards.
A l’image de cette séquence, hallucinante tant sur le plan de la tension que sur celui de la mise en scène, Psychose nous offre un spectacle, certes rarement rempli de frissons pour le spectateur d’aujourd’hui, habitué à bien pire, mais à la qualité cinématographique incroyable. Fruit du croisement entre la superbe photographie de John L. Russell et la partition inspirée de Bernard Herrmann, l’ambiance du film, parfaite en tous points, est sans doute une de celles qui font mériter pleinement son surnom au Maître du suspense. Mais c’est sans doute Anthony Perkins le clou du spectacle, grâce à sa composition parfaite d’un des personnages les plus ambiguës que le cinéma policier ait connu.
Si le twist de Psychose a été repris à outrance par des cinéastes qui ont oublié que l’originalité n’est pas un luxe au cinéma, et qui ont allègrement profité du fait que le ridicule ne tue pas (je pense, entre autres, à Fight Club, Enemy ou Shutter Island), ils ne parviendront jamais à égaler ce qui reste aujourd’hui une des fins les plus mémorables du cinéma… et une des plus macabres ! Les uns peuvent s'en trouver dégoûter, les autres se régalent sans scrupules, et c'est à n'en pas douter ces derniers qui ont raison !