Douzième opus de l’infatigable saga, "Rien que pour vos yeux" remonte un peu la pente après le très spécial "Moonraker".
Cette fois-ci, Bond enquête sur la disparition de l'ATAC, système top secret de lancement de missiles. L'introduction met en scène le personnage de Blofeld, délaissé depuis l'époque Connery. Cependant, à force de vouloir jouer sur le spectaculaire, elle ridiculise un peu ce dernier qui jusque là s'était montré imposant.
Le script est assez captivant dans l'ensemble proposant de très bonnes séquences (neige, Grèce, final,...). En revanche, la qualité d'écriture n'est pas au rendez-vous, et certains personnages en souffrent. En effet, la James Bond Girl est ici décevante. La française Carole Bouquet n'a pas le droit de se lancer des fleurs. En plus de tirer la tête sur la quasi totalité du film elle possède des dialogues peu percutants et un jeu d'actrice qui laisse à désirer ce qui rend son personnage peu mémorable. Heureusement, Roger Moore en tire profit s'avérant plus crédible et mieux dirigé que dans le précédent opus. Il lâche également moins de vannes et apporte un côté plus froid à son personnage. Le méchant du film, Kristatos campé par Julian Glover est plutôt convaincant même s'il ne marquera toutefois pas les esprits.
"Rien que pour vos yeux" revient à un aspect plus réaliste délaissant pratiquement les gadgets de Q ce qui apportera un certain cachet au film.
Les séquences sous-marines sont très bien réalisées, mais souffrent du même défaut que "Opération Tonnerre" c'est-à-dire, un tantinet trop longues. John Glen a néanmoins fait du très bon boulot, d'autant plus pour sa première collaboration avec la saga en tant que réalisateur.
Autre nouvelle apparition, celle du compositeur Bill Conti qui remplace le célèbre John Barry. Il livre composition certes en deça du travail de Barry mais qui reste dans l'ensemble très réussie avec quelques belles reprises ou nouveaux thèmes.
"Rien que pour vos yeux" est donc un très bon opus, bien divertissant et plus réaliste que son prédécesseur. Certainement pas le meilleur, mais il sert très bien d'opus de transition afin de préparer le spectateur à l'excellent Octopussy (toujours réalisé par John Glen).