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A l’aube de la possibilité d’un voyage sur la planète rouge, longtemps exploitée au cinéma dans des oeuvres plus ou moins fantasques, plus ou moins réussies, Seul sur Mars arrive à point nommé. Difficile de lui reprocher quelque chose tant il est une parenthèse ludique, optimiste et tout bonnement agréable, à la fois dans la filmographie de son auteur mais aussi face au cinéma hollywoodien contemporain. Qu'est ce que ça fait du bien d'assister ce genre de film.

L'originalité de Seul sur Mars est qu'il s'agit d'un survival qui se repose sur la volonté de la vie humaine. Évacuant délibérément le mélodrame ou les autres poncifs désormais classiques de l’isolement (folie ou désespoir), le récit traite méthodiquement, avec l’enthousiasme de son protagoniste principal, chaque obstacle que non seulement constitue sa survie sur Mars, mais surtout, tâche à la solution plus énigmatique, son retour sur Terre. Chapitrée à la fois par ses phases sur notre planète et celles deux cent vingt-cinq millions de kilomètres plus loin, et à la fois par le calendrier martien (« Sol ») rythmé au son de pings de sonar sous-marin soulignant l’immersion en cours, l’odyssée répond véritablement à une réelle rigueur d’écriture. Notamment les nombreuses blagues pleines d'humour noir que le personnage de Matt Damon évoquent sur les écrans de la station. Bien qu'elles soient nombreuses, elles n'enlèvent en rien la tension les scènes où le personnage se sent réellement en danger, se demande si il va y rester. Les scènes sur Mars sont ajustées de manière très équilibré avec les cènes qui ont lieu sur Terre et ça, c'est un coup de génie de la part de Ridley Scott.

Pas une seule fausse note dans le rythme de la narration et des changements de planète. Ajoutons à cela une bande-son remplie d'ABBA, et de Bee Gees. Ce relâchement kitch est salvateur, comme si Seul sur Mars faisait vraiment du bien à la science-fiction contemporaine. Et après tout, quoi de plus plaisant que le savoir-faire de Ridley Scott rythmé au son de « Starman » de David Bowie ? En dehors de cela, le film est une véritable ode à l'humanité, mais nous ne sommes dans le pessimisme souvent récurrent de l'auteur. Nous sommes cette fois dans une légèreté qui fait du bien au survival. Sans pour autant oublier le stress qui monte et qui monte au fur et à mesure du film. De plus, le design somptueux joue sur les couleurs chaudes de Mars, qui ne sont pas de tout glaçantes, malgré les propos de la NASA, et cela joue inconsciemment sur le fait que nous ne sommes plus dans du sombre pendant 2h30, et ça sent enfin le nouveau, la tentative de faire autre chos.

Bref, le Ridley signe ici une nouvelle œuvre remarquable de son grand run effréné de fin de carrière (que l’on souhaite encore longue, cela dit), et qui, on l’espère aussi, saura peut-être réconcilier le réalisateur de Blade Runner avec son public. Tout comme il est, pour Matt Damon, peut-être un film du renouveau, ici just incroyable, débordant d’une énergie en phase avec l’esprit du périple. En attendant de retrouver la planète jadis maudite du cinématographe, dans la fiction ou la réalité — puisque désormais la question se pose — il nous l’offre ici sous ses plus beaux atours. Et finalement, oui, on peut y répondre désormais : il y a (eu) de la vie sur Mars, et ce ne sont pas les araignées de Ziggy Stardust.

Guimzee
7
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