Ça fait très très peur*

Avis sur Souvenirs de Marnie

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Bon je ne devrais pas systématiquement lier les films du studio entre eux, mais je tenais à noter ici en guise d'accroche, qu'il est plutôt rare que Ghibli nous présente un personnage principal mal dans sa peau (Anna 12 ans, envoyée par sa mère adoptive à la campagne pour changer d'air, je pars du principe que vous ne voulez pas être spoilés donc je ne dis rien de plus). Habitués que nous sommes des héroïnes bornées et débordantes d'énergie, la transition (pour ne pas dire le choc) s'avère brutale et d'ailleurs, l'absence de méchants surprend aussi un peu. Mais le plus étrange reste tout de même de se retrouver devant un film aussi malsain.

Le terme que j'emploierais pour qualifier Souvenirs de Marnie, si je voulais avoir l'air intelligente serait “gothique”, en comparaison mentale avec les Hauts de Hurlevent, pour l'importance de la nature, le sublime, les présences fantomatiques et les problèmes identitaires, mais comme je ne sais pas trop, retenez juste que j'ai flippé ma race.
Vraiment. Et que je ne m'y attendais absolument pas, et ce même si la bande-annonce m'avait en effet un peu troublée.

Yonebayashi tout au long de son film, brouille la frontière entre le réel et l'imaginaire, et il n'y a que peu de moyens pour les différencier (voire aucun) ou du moins, disons que l'on peut encore se permettre de douter quand ils se produisent à l'écran (de façon pas toujours très élégante au passage). De ce fait mon malaise, au départ uniquement causé par l’ambigüité de l'amitié d'Anna et Marnie, s'est finalement étendu jusqu'à projeter ce Ghibli dans le top 3 des plus désagréables à regarder, aux côtés de Chihiro et du Tombeau des Lucioles (inutile de préciser que ce n'est pas un défaut). Surtout que je n'ai rien compris pendant un assez long moment, ce qui n'arrange pas le malaise. Pourtant, plus celui-ci grandissait, plus l'admiration brûlait en moi.

Finalement, même si les 1h45 ont été rudes, je crois que j'ai encore une fois été scotchée et dévastée (vous voyez, c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de fangirler), mais pourtant je n'arrive pas à m'abandonner corps et âme à une éloge infinie. Parce qu'en y réfléchissant (deux jours pour tout vous dire), Souvenirs de Marnie, bien qu'époustouflant, visuellement et émotionnellement surtout, m'a gênée en plusieurs points. Qui ne sont pas vraiment des défauts sinon plutôt de réels choix de réalisation (d'adaptation même, si je ne m'abuse), d'où ma réticence, toute timide, à vous les lister.

Je pense d'abord à la niaiserie ambiante, qui est assez difficile à avaler après tout ce que l'on endure, et qui ne nous procure même pas de réel soulagement, puisqu'au final toutes les interventions des personnages secondaires qui pourraient adoucir l'histoire sont floues, et délaissées au profit du plus grand axe constitué par la relation entre Anna/Marnie.
Et je ne pense à rien d'autre en fait. Mais j'y pense plein de fois et cela m'inquiète. Je ressens déjà le besoin de retourner le voir pour confirmer mon avis, et compléter cette critique, ouvertement biaisée par ma "faiblesse". Je crois que je supporte mal les séances où je suis seule dans la salle, j'avais l'impression qu'à tout moment Marnie allait se retourner avec le visage de la petite fille de l'Exorciste, le plus drôle dans tout ça étant que je n’exagère pas un poil.

* la bande son m'a fait penser à https://www.youtube.com/watch?v=Ycy9I1t1CvQ à un moment...

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