Razowski
En grand fan des studios Pixar j'ai tout de même eu une sensation étrange à l'annonce de ce film, en effet Monstres & Cie est un classique des studios, son prequel est d'ailleurs très bon également à mes yeux, alors la question qui m'est venu directement c'est "pourquoi ?" Pourquoi pondre un film live sur le personnage de Sully ? A quoi bon ?! D'autant plus que le personnage n'est plus du tout le même, où elle est partie la grosse peluche verte et bleue super attachante ? Il est devenu grisonnant et pilote des avions maintenant, je vois plus trop le rapport avec le film de Pete Docter, et puis putain, il est où Razowski ?!
Y'a-t-il un pilote dans l'avion ?
A la question que je viens de poser juste au-dessus je réponds évidement oui, et même s'il a la même couleur de cheveux que Leslie Nielsen, ça n'est pas pour autant une parodie...
A chaque film de Clint Eastwood ma note n'est pas un mystère, j'ai tellement tendance à l'imaginer des mois en avance que mes collègues du site savent directement que le 10/10 va tomber. J'aimerai cependant tout de même préciser que je ne mets pas un 10 juste parce que c'est Clint, mon réalisateur favori, si je ne le ressens vraiment pas je ne lâche pas une telle note, même si j’espérais pouvoir la mettre. Ça arrive qu'il ne tombe pas alors que je l'avais voulu comme avec le dernier Coen ou Refn en date par exemple.
J'étais donc bien content à la fin de la séance de pouvoir appliquer ce 10 bien mérité. Ce géant du cinéma qu'est Eastwood m'a une fois de plus renversé avec ce nouveau biopic puissant.
On lui reproche malgré tout de ne pondre plus que des histoires vraies sur des héros Américains, chose ridicule puisqu'au contraire à travers Sully ou même American Sniper, Clint n'adule jamais son personnage, il démontre à l'inverse que ce ne sont que des hommes, qui ont d'ailleurs eux des problèmes.
En effet ce brave commandant Sullenberger et son copilote ont après l’amerrissage du répondre à de nombreuses questions durant plusieurs mois, leur carrière été en péril, à cause des assurances de la compagnie qui voulaient forcément un coupable. Voilà où ce film nous emmène, dans les recoins de l'histoire du miracle de l'Hudson, voilà pourquoi c'est intéressant.
En seulement 1h36, film le plus court de toute sa carrière en somme, Eastwood arrive à créer de l'émotion constante, je suis passé du rire aux presque larmes, ainsi que de la frustration au soulagement, un torrent d'émotions. Que ce soit dans les moments intimistes où les trois grosses scènes de l’amerrissage, d'une puissance folle, qui t'attrape et ne te lâche plus, je m'en ronger les ongles carrément. La bande originale joue une bonne partie dans tout ça puisque les émotions passent souvent par la musique, superbe soit dit en passant.
De toute manière techniquement le Clint fait rarement dans le surplus, il va à l'essentiel et basta, ici sa réalisation est toujours aussi classique mais maîtrisée à merveille une fois encore, tout comme sa mise en scène puissante et cette photographie qu'on ne retrouve que chez lui. Niveau effets spéciaux, ce n'est pas parfait à 100% mais c'est très très loin d'être mauvais. Clint ne manque d'ailleurs pas de se faire un petit clin d'œil à travers l'affiche de Gran Torino exposée sur un immeuble.
Pour ce qui est du casting, Eastwood choisi rarement des blaireaux, ici c'est le stupéfiant Tom Hanks avec qui il collabore pour la première fois, qui enfile le costume du commandant. Décidément le Tom aime sauver les gens, Captain Philips est forcément dans les mémoires, tout comme Apollo 13 ou même seul au monde en rapport avec l'avion qui dans Sully n'est pas de FedEx...
Hanks est d'une sobriété incroyable, d'une honnêteté viscérale, il s'est d'ailleurs tout comme son collègue Aaron Eckhart entraîné dans des simulateurs de vols avant le tournage pour mieux comprendre le déroulement et les sensations d'un vol. Eckhart a même suivi des cours de pilotage et a décroché sa licence privé. Sans citer tout le monde, le casting est donc superbe, et je viens même d'apprendre que Vincent Lombardi, l'homme qui a conduit le premier ferry à être arrivé sur les lieux lors du crash joue son propre rôle dans le film.
En bref, Eastwood traite ces 208 secondes, le coté héroïque et intime du commandant avec beaucoup de justesse et d'admiration, ayant lui-même survécu à un amerrissage dans sa jeunesse alors qu'il était dans l'armée. Cette histoire datant de 2009 rappelle forcément celle du 11 septembre 2001, d'où un impact encore plus grand à l'époque.
Adaptation d'un bouquin, d'une histoire vraie, une fois encore pour cette légende qui signe ici son 35éme film, il aura la malchance de lasser certaines personnes mais également le don de me garder admiratif et passionné.