C dans l'Air avec Steve Carell, tout de suite c'est vendeur.

Avis sur The Big Short : Le Casse du siècle

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Ne vous laissez pas tromper par la lourdeur d'un Ryan persifleur (Oui, c'est moi, le king des traders) ou le misérabilisme de la première apparition de Christian Bale. Ni du sous-titre racoleur : "Le casse du siècle". Malgré la multiplicité des personnages et le casting plaisant, on est loin ici des comédies lourdingues ou vaguement cyniques. La première surprise de The Big Short, c'est son ton, qui par un joli numéro d'équilibriste parvient à allier légèreté, vivacité et drame social. Le rythme est soutenu, les personnage percutants (mention pour le mathématicien de l'équipe Carell), la crise des subprimes permet de traverser toutes les couches sociales et toutes les attitudes, sans manichéisme, sans jugement aucun. Le documentaire n'est pas loin, mais l'étrange télescopage d'images, clip MTV de l'âge d'or naïf des années 2000 vient nous rappeler que même si le résultat n'est pas toujours là, Adam McKay est à la recherche d'un style visuel, dépassant la simple ambition de raconter son petit drame moderne. Le deuxième point fort du film, c'est son ton. Là où Le Loup de Wall Street donnait envie de taper la tête de Scorsese contre un mur à chaque fois que Léo s'arrête dans une explication banale pour dire "mais cela est trop compliqué pour vous, regardez plutôt mes billets et mes putes", un vrai effort est fait dans The Big Short pour donner au spectateur quelques clés de compréhension de la crise que tout le monde a subi, et dont l'explication a été réquisitionnée par une poignée d'experts aux grandes théories qui au final -- et le film le montre bien -- n'y ont pas beaucoup plus compris que le simple redneck. Et ceci sans condescendance, et en intégrant qu'une salle de cinéma n'est pas une masse ignorante mais un large panel de niveaux de compréhension. Chacun trouve sa place, entre les échanges rapides et jargonneux, les explications vendeuses de Ryan et ses petits bouts de bois, ou les scènes de vulgarisation assumées mais malignes où Margot Robbie ou un chef de restau vous traduisent à coups d'analogies simples la scène précédente. Bref, The Big Short n'est pas un grand film, mais un film sincère dans ses ambitions et ses procédés. C'est déjà un bon signe pour 2016.

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