Quelle sale histoire...

Avis sur Une sale histoire

Avatar Florentin Seg
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Une sale histoire est un court métrage réalisé par Jean Eustache juste après Mes petits amoureux (1974) et La maman et la putain (1973). L’histoire se déroule dans un salon ou un homme raconte son obsession pour le sexe féminin qu’il pouvait voir à travers un trou dans la porte des toilettes. Le film se découpe en deux parties : la première partie mise en scène par des acteurs et la deuxième avec le vrai personnage qui témoigne. Ce que les deux personnages principaux disent est identique, et les mimiques sont bien repris avec la cigarette et le verre qu‘il tripote. La conversation tourne autour de ce voyeurisme obsessionnel décomplexé, entouré de femmes qui écoutent attentivement les dires de monsieur. Personne n’est choqué et tout le monde comprend les pulsions de cet homme qui leur explique que les femmes ne comprennent pas, à l’inverse des hommes. Et c’est vrai, qui dans les toilettes n’a jamais jeté un petit coup d’œil à côté uniquement par curiosité, sans qu’il n’y ait de désir charnel et sans même penser au voyeurisme. Nous avons tous voulu savoir à quoi ressemblait un vestiaire de filles ou leurs toilettes, sans pour autant vouloir qu’il se passe quelque chose de particulier ; juste de la curiosité. Une curiosité trop forte, qui démange, et qui nous faisait rêver la nuit quand nous étions encore au collège. Mais ici il s’agit de l’âge adulte et les conséquences de cette « curiosité » ne sont pas les mêmes.

Indirectement, et sans le vouloir il incite les femmes à se montrer, se libérer et s’exhiber, comme font déjà les hommes. Mais aucune arrière-pensée perverse ne parait, on peut penser que cet homme ne souhaite qu’observer, en tout respect du corps féminin, leurs attraits et cela sans les forcer. Presque comme un enfant emprunt d’un désir fort, il explique sa pensée : pour lui tout tourne autour du sexe. Il lui donne même plus d’importance : les femmes sont ici et leur sexe au-dessus. Leur sexe aurait presque plus d’importance qu’elles, comme si l’on pouvait mettre le sexe des femmes à part, leur donner une place privilégiée, un respect et une admiration presque religieuse.

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