Mathias Mlekuz brouille la frontière entre documentaire et fiction, jouant pratiquement ici son propre rôle, avec son comparse Philippe Rebbot. L'homme a bel et bien perdu son fils, qui avait traversé l'Europe à vélo. Pour lui rendre hommage et le faire vivre, Mathias Mlekuz décide de faire le même trajet avec son ami... et son chien.
Il réalise et scénarise cette comédie dramatique qui fleure bon le naturel et la sincérité. On sent sa camaraderie avec Philippe Rebbot, dans les moments doux comme durs. On sent l'émotion qui les traversent quand il s'agit d'évoquer la mort du fils. Et aussi leur fous rire, quand on ne s'y attend pas forcément, avec de jolis blagues sur la mort ou la vieillesse.
Difficile de dire ce qui est fictif ou réel, ce qui est vraiment dirigé ou scénarisé, tant les improvisations paraissent légions, mais c'est justement la preuve que le film respire le naturel.
En tout cas, les paysages d'Europe sont très jolis, avec entre autres Vienne, la Roumaine, Budapest, ou Istanbul. Et le film a le mérite d'aborder frontalement, à travers une amitié douce amère, la thématique difficile du deuil parental.