Suisse, 1943, dans une communauté protestante, non loin de la frontière française. Emma, 15 ans, jeune fille timide en apparence, mais déterminée, est sur le point de recevoir un prix de vertu. Mais un événement dramatique va infléchir sa destinée. Récit initiatique, mais surtout d'émancipation, A-bras-le-corps ne cesse de scruter le visage de son héroïne, interprétée par la remarquable Lila Gueneau, à grands renforts de gros plans, lesquels mettent en valeur le joli minois de l'actrice, mais finissent par agacer par leur caractère répétitif. C'est un peu dommage, car dans le même temps, la réalisatrice ne fait que survoler certains thèmes tout aussi passionnants, à commencer par l'hypocrisie de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, qui argue de sa neutralité pour collaborer avec les occupants allemands en France, lorsqu'il s'agit de rejeter les Juifs qui tentent de se réfugier sur le territoire helvétique. Ce n'est certes qu'une toile de fond dans le scénario du film, mais il n'aurait pas inutile de le développer davantage. Même remarque pour le personnage du pasteur, incarné par le toujours impeccable Grégoire Colin, qui recélait un potentiel non négligeable dans l'expression de sa libre parole, y compris dans sa relation paternelle avec Emma.