Le fils de Ruth emmène celle-ci à l’EHPAD. Un EHPAD américain puisque l’histoire se déroule là-bas.
Le seul moment du film dans lequel une réelle dramaturgie a lieu. Mais ça ne dure pas longtemps.
Pour le reste, difficile d’en faire une critique digne de ce nom. On imagine que la réalisatrice a mis dans un panier des bouts de papier sur lesquels elle a écrit des séquences, des bouts de scénarii qui vont composer son film. Chaque séquence est autonome et le film est un assemblage, un remplissage de plans mis bout à bout pour combler une heure trente.
En résumé on voit Ruth dans un certain nombre de situations : Ruth va dans sa chambre, Ruth range ses affaires, Ruth au restaurant de l’EHPAD, Ruth dans la piscine, Ruth sous la douche, Ruth dort, Ruth regarde un monsieur qui enlève sa chemise, Ruth insomniaque va dans le couloir, Ruth se sauve de l’EHPAD et va au supermarché, Ruth met un chou rouge au milieu des choux blancs, Ruth choisit une chemise dans le placard, Ruth avec le médecin, Ruth fait la cuisine, etc. C’est à l’infini et chaque séquence est interchangeable, aucune n’est la suite de la précédente et au service de la suivante. Les autres résidents de l’établissement font juste de la figuration et n’ont aucun rapport avec elle. Ses seuls contacts sont avec le personnel de l’établissement On peut prendre n’importe quelle séquence du film et la mettre à la place d’une autre, cela ne change rien, il n’y qu’un pauvre début, une fin atrophiée et un milieu inexistant.
Serge Daney écrivait en 1982 que toutes les histoires au cinéma avaient déjà été racontées. Alors évidemment comment faire quarante ans plus tard sinon laisser aux thuriféraires professionnels le soin de glorifier des œuvres vides de consistance.