Dire que Valeur Sentimentale est un bon film. Je n’irai pas jusque-là.
Dire que c’est un mauvais film, je n’irai pas jusque-là non plus.
Régal pour les psy amateurs ou professionnels, je n’en rajouterai pas et ferai l’impasse sur le fond qui a déjà été largement analysé. Même Freud en tire son chapeau.
Par contre ce qui m’a le plus surpris et agacé dans ce film, c’est la forme. Un bon film, c’est une belle histoire mais c’est aussi une suite de plans-séquence habilement montés pour captiver et noyer l’attention du spectateur. Comme les chapitres d’un livre, comme la complémentarité des instruments dans un orchestre. Si la forme est suffisamment bien orchestrée alors le spectateur, le lecteur ou l’auditeur se laisse absorber, envouter par ce qu’il voit et son regard se transforme en admiration, en contemplation.
Dans Valeur Sentimentale j’ai bien failli me faire avoir et tomber dans le panneau. Sentant le piège car il est bien question de piège , je suis resté lucide et j’ai continué mon analyse de la forme. La particularité de ce film est le pathos, l’émotion. Si on y regarde de près, chaque plan, chaque séquence, chaque partie du film fait résonner la corde émotionnelle du spectateur. Du début à la fin. Deux heures d’émotion hachées menues, saupoudrées jusqu’à en être inondé et se noyer. Pas de temps mort dans ce film, pas de plages de silence permettant au spectateur de changer de mouchoir. Mitraillé par l’émotion, rapidement la blessure va s’ouvrir pour ne se refermer qu’à la fin du film. On pense à ces films d’action à l’allure TGV qui ne laissent pas le temps de respirer et vous font espérer la fin de la projection.