À fond la fac
5.5
À fond la fac

Film de Alan Metter (1986)

Alors que John Hughes lance avec succès la mode des teen movies avec le cultissime "Breakfast Club", il ne faudra pas longtemps pour que d'autres productions du genre voient le jour, cherchant pour chacune d'entre-elles, à se démarquer à leur façon du modèle fondateur de Hughes. On se souviendra de "Soul Man" où un étudiant se doit de changer de couleur de peau pour intégrer la fac prestigieuse de Harvard. Ici, c'est l'arrivée d'un ancien sur les banc de la fac, venu remotiver son fils en mal de résultats qui fait la particularité de ce film.

Et c'est Rodney Dangerfield, grande figure du stand-up américain aujourd'hui disparu, qui interprète ce riche homme d'affaire, véritable self made man, révolutionnant presque sans le vouloir, le fonctionnement de toute une institution pour faire plaisir à son fils. Habitué à la jungle des affaires, il utilisera les mêmes méthodes au sein de la fac, soulevant la morale toute américaine et plus que douteuse du "tout s'achète". En effet, ne disposant d'aucun diplôme, il va tout d'abord acheter son admission en versant une grosse somme pour le financement d'une section de cette fac.

Par la suite, il ne se gênera pas pour soudoyer un scientifique, un grand écrivain ou les membres de son conseil d'administration pour obtenir les meilleurs notes. Alors oui, il y a quelque chose de gênant dans cette complaisance à cautionner ces méthodes qui décrédibilisent l'enseignement et son institution. Il ira même "demander" à la police de l'approvisionner en alcool pour une énorme fête...Bref, le contexte est évidemment plus que critiquable mais, celui-ci mis de côté, on est obligé de reconnaitre que le film se laisse agréablement regarder. Porté par un Rodney Dangerfield attachant, même s'il n'a pas perdu ses tics du stand-up et qu'il en fait parfois beaucoup trop, le film, aussi prévisible qu'il soit, n'est pas avare en situations comiques réussies. On s'amuse à suivre les aventures mouvementées de cet homme d'affaire pas comme les autres, véritable adepte de la cool attitude, encore plus fêtard que les autres étudiants au sein d'une fac presque toute acquise à sa cause.

Assez rythmée, la réalisation de Alan Metter, metteur en scène issu de la pub, ne laisse place à aucun temps mort, privilégiant les cadres en mouvements, un montage rapide et une bande son 80's toujours efficace. On ne s'ennuie donc jamais devant ce festival de bons sentiments typique des années 80.

Autour de l'envahissant Dangerfield, le reste du casting ne fait pas mauvaise figure. Composé de second couteaux expérimentés, ils participent sans conteste à la réussite de l'ensemble. Entre Ned Beatty, Adrienne Barbeau, Burt Young (le Paulie de "Rocky), Sally Kellerman (l'inoubliable "Lèvres de Feu" de "Mash") et Keith Gordon (L'ado amoureux de sa voiture dans "Christine"), on est véritablement servi.

Sans arriver à la hauteur des productions Hughes, cette comédie demeure une divertissement sympathique qu'il serait dommage de bouder.

Massimiliano_N
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le 7 sept. 2025

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