En dépit de ses qualités (nombreuses), à commencer par sa mise en scène au cordeau, A house of dynamite est étrangement paradoxal. Le film est très premier degré, évidemment très loin de l'ironie de Docteur Folamour. Il est aussi à contre-courant de ce que prophétisait Le monde après nous, où tout s'effondrait par des attaques de biais, insaisissables, et une désorganisation générale des systèmes d'informations. Contrairement au propos du film co-produit par Barack Obama il y a deux ans (ce n'est évidemment pas pour rien qu'on précise ce nom), A house of dynamite privilégie une attaque nucléaire, raccord avec les représentations de la guerre froide. Bien entendu, on n'est pas expert de l'effondrement du monde. Qui l'est d'ailleurs ? Mais il y a quelque chose d'incongru dans cette représentation datée et très militariste. Et dans cette dénonciation de la paranoïa par un postulat de scénario lui-même totalement paranoïaque.
Reste que le film fonctionne mieux que bien, qu'il est haletant et très prenant. A défaut d'ironie sur le fond, il est au moins ironique sur la forme. On s'étonne que le Président des USA n'apparaissent pas à l'écran pendant longtemps, jusqu'à ce qu'on comprenne pourquoi dans la dernière partie.
Enfin, A house of dynamite est aussi l'occasion de revoir Fail Safe, parce que c'est strictement la même histoire. Entre les deux films, tout est évidemment devenu plus moderne depuis 1964, année de la sortie du film de Lumet. Mais pour ce qu'ils racontent, les deux films ne sont absolument pas différents. Et à l'arrivée, A house of dynamite reste un excellent film.