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Menace nucléaire, 19 minutes avant l’Apocalypse et trois différents points de vue des événements : voilà le programme de ce A house of dynamite, nouvelle réalisation de Kathryn Bigelow venant, une fois encore, décortiquer les failles institutionnelles de l’Amérique (le film n’a d’ailleurs pas manqué d’irriter les chefaillons du Pentagone). Une Amérique qui, constamment, donne le sentiment d’être au bord de l’implosion : menaces terroristes (Zero dark thirty), émeutes raciales (Detroit), imminence d’une Troisième Guerre mondiale (A house of dynamite). Le scénario envisage ainsi, très sérieusement et de façon documentée (même si son postulat paraît quelque peu invraisemblable), une attaque soudaine contre les États-Unis (un missile de provenance inconnue est lancé en direction de Chicago). Une course contre la montre s’engage alors pour déterminer qui est responsable, comment réagir et, surtout, comment empêcher le chaos qui s’annonce.

Au cœur même des infrastructures militaires, stratégiques et politiques, de l’Alaska à la Maison Blanche en passant par une base secrète quelque part dans le Pacifique, Bigelow filme l’urgence d’une crise majeure où les enjeux, des plus simples (prévenir sa famille, dire «Je t’aime» à sa mère ou à sa fille) aux plus essentiels (qui a tiré ce missile : la Corée du Nord, la Chine, la Russie peut-être ? Que faire : riposter ou calmer le jeu ?), sont joués puis rejoués selon l’objectivité/subjectivité d’une dizaine de protagonistes (c’est le petit côté Rashōmon du film). Ce sont dans ces répétitions-là, dans ces changements de perspective (et de hiérarchie), que vont se révéler les personnalités (le président par exemple qui, pendant les deux-tiers du film, n’est qu’une voix anonyme et un écran noir sur un ordinateur), les conflits moraux (qu’ils soient communs au pays ou d’ordre plus intime) et, enfin, la vulnérabilité du système opérationnel de défense américain, en PLS en à peine une demi-heure.

D’une guerre réelle, qui se profile, aux batailles que l’Amérique aime à rejouer et à célébrer dans de grands élans patriotiques (par exemple celle de Gettysburg, montrée dans le film), A house of dynamite donne à voir un certain état du monde qui ne saurait se départir de sa dynamique à s’embraser sans cesse et à s’autoriser toutes sortes de conflits armés. La fin ouverte, qui a fait polémique, et dont l’implacabilité, dans les deux cas, augure du pire (le président va-t-il ordonner une riposte, quitte à déclencher une escalade dans la mécanique de destruction, ou choisir la diplomatie en sacrifiant Chicago ?), laisse libre les spectateurs d’y projeter leurs propres raisonnements et interrogations. À la fin donc, il n’y a plus rien. Du moins il ne reste que ça : se terrer dans des bunkers ou tomber à genoux face à notre splendide impuissance.

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mymp
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le 17 nov. 2025

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