Robert Zemeckis n'accrouche sans doute pas ici de son magnum opus, mais ses talents de conteur lui permettent tout de même de nous trousser un divertissement sympathique qui tient autant du pastiche des films d'aventure inspiré des sérials que de l'hommage à la comédie sophistiquée américaine.
Le film est donc une sorte clin d'œil permanent, ayant le bon goût de ne jamais se prendre au serieux, aux road movies romantiques inspiré du It Happenned One Night de Capra, avec une Kathleen Turner et un Michael Douglas en lieu et place de Claudette Colbert et Clark Gable, tout
en y ajoutant une bonne dose d'action et d'aventure, surfant sur le succès du Indiana Jones de Spielberg.
Bien sûr le film ne parvient jamais à s'élever au niveau de ses augustes prédécesseurs, mais ce n'est clairement pas son but non plus. Romancing the Stone cherche simplement à nous amuser et atteint le but qu'il s'était fixé grâce à quelques répliques assez drôles, un sens de l'aventure maîtrisé à défaut d'être bouleversant et surtout grâce à ses interprètes.
Tous les seconds rôles sont parfaits dans leur cabotinage amusé,sans cesse sur le fil du ridicule sans jamais y tomber réellement, à commencer par Dany Devito dans un rôle de crapule à la petite semaine dont il à le secret ou Manuel Ojeda dans le rôle du colonel Zolo, caricature du militaire corrompu tombant franchement dans le cliché mais qu'il joue néanmoins avec sérieux, en passant par un personnage de vendeur de drogue fan de romance en littérature.
Mais c'est l'alchimie à l'écran entre entre Turner et Douglas qui donne au film tout son intérêt. Cette entente à l'écran fonctionne si bien que les deux acteurs se donneront encore plusieurs fois la réplique, d'abord dans la suite direct du film (pour le coup moins réussie) et surtout dans l'excellent La Gueŕre des Rose mis en scène cinq ans plus tard par... Danny Devito, justement.
De plus, en jouant à la fois des similitudes et des décalages entre les fictions écrites par Joan Wilder et la "réalité de la fiction qui nous est présentée, Romancing the Stone organise son histoire avec un second degré et une ironie à son propre propos, une conscience de lui-même en embrassant et en se moquant dans le même mouvement le modèle des romans à l'eau de rose qui constitue son adn, qu'il démontre un véritable travail de réflexion scénaristique.
Alors bien sûr, tout n'est pas parfait. Le film a de vrais problèmes de rythmes par moment, le grande découverte du fabuleux trésor est un peu plate, et tout ça est un peu trop forcé à de nombreux niveaux . On pourra aussi dire que ce n'est pas parce qu'on réfléchit à propos des clichés et qu'on les utilisent en pleine conscience que ça n'en demeure oas moins des clichés.
Pourtant, le film reste agréable à regarder et offre à ses spectateurs ce qu'ils étaient venus chercher: de l'aventure qui flirte avec la comedie romantique à l'eau de rose et un divertissement véritable qui ne cherche pas à se faire passer pour autre chose que ce qu'il est.
Mission accomplie, donc.