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À qui la faute ?
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Ayant recherché dans la majorité des critiques une explication qui tiendrait la route par rapport au film, je vais détailler une interprétation qui m’a travaillé dès le premier visionnage et que je tenterai de corréler avec les évènements du scénario.
Je serai bref et concis, bien que ce soit le premier film de Farhadi que j’aie vu : je ne suis pas de ceux qui mettent tout film iranien en rapport avec leur régime “atroce“, “liberticide“, admis en bien commun.
Au contraire, “A propos d’Elly“ a suscité en moi un mystère dont j’ai vu les pistes tout de suite mais que j’ai eu beaucoup de plaisir à résoudre, comme tout grand film complet.
Il est évident que Farhadi maîtrise la narration mieux que personne, surtout dans un cadre où il se veut naturaliste. Pourtant, à la fin du visionnage, il y a davantage un goût de questionnement que de passage de la vie. Ce questionnement prend pour moi tout son sens dans la scène où Sepideh se fait battre par son mari. Acculée, traitée de “folle“ quelque temps avant par celui-ci, et surtout montée contre les autres par son biais, Sepideh est le personnage qui subit la plus grosse transformation du film, bien avant Elly, dont la mort est tellement indéfinissable qu’on a encore du mal à comprendre, si oui ou non, son cadavre est bien devant nos yeux à la fin.
Plusieurs fois, Sepideh tient tête aux autres sans raison apparente. Elle veut cacher la vérité au fiancé d’Elly qui revient, soi disant pour “sauvegarder son honneur“ ; elle fait tout pour qu’Elly trouve quelqu’un de bien en la personne d’un ami de confiance ; elle tente de l'arracher de sa vie conjugale le plus longtemps possible, etc.
Je pense qu’au fond Sepideh, tout comme Elly, est une femme battue. La preuve : deux scènes violentes apparaissent dans le film. L’une c’est le mari de Sepideh qui la frappe, l’autre c’est le fiancé d’Elly qui frappe son supposé amant.
Sepideh et Elly sont reliées pendant tout le film par un effet de miroir. Et la dégradation émotionnelle apparemment sans fondement de Sepideh, pour une personne qu’elle connait à peine, est pour moi totalement indissociable d’une identification évidente : celle d’une femme battue. Lorsque Sepideh affronte le fiancé d’Elly seule, la peur se lit sur son visage. Il pourrait la frapper, elle le voit, comme il frappait Elly, comme son mari la frappe : elle pleure.
Il n’est pas anodin que toute l’action du film, ces petits mensonges dans lesquels chacun se retrouve, soit à chaque fois motivée par Sepideh. C’est, au fond, la manifestation d’une peur et d’une détresse qu’elle porte au fond d’elle.
Il n’en reste pas moins qu’Elly est morte, ou pas… On ne sait pas. Comme un fantôme, sa vie et sa mort auront laissé planer plein de mystères sur le groupe. Peut-être d’ailleurs qu’il les renvoie à quelqu’un de très concret, quelqu’un juste à côté d’eux, de bien vivant encore. Peut-être que cette femme comprendra d’ailleurs le poids de l’honnêteté et du courage de quitter celle qu’elle aime mais qui la bat après cette parabole sous le signe d’Elly (si c’est son vrai prénom…)
Créée
le 23 août 2021
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