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226 critiques
All that jazz
Cure-dent au bec, sourire en coin, chemise négligée, gueule d'ange qui a roulé sa bosse. Le gars s'appelle Tequila, donne le La dans les jazz bar, boit le thé à l'aube et travaille comme flic à Hong...
le 16 nov. 2014
Souvent copié, jamais égalé.
Hard Boiled est l'ultime chef-d'œuvre de John Woo avant son exil hollywoodien, un sommet absolu du cinéma d'action dans la droite lignée de ses films depuis Le Syndicat du Crime qui n'ont, malgré les innombrables imitateurs, jamais été surpassés en terme de gunfight.
Film fou, déjanté, porté par une ambiance folle et une inventivité visuelle constante, ce thriller regroupe tous les thèmes chers au maître hongkongais : l'honneur, l'amitié virile et les vertus paradoxales qui fleurissent au cœur du crime et de la violence.
L'intrigue (mainte fois modifiée avant et pendant le tournage), une classique infiltration d'un flic dans la pègre, sert de prétexte à une mise en scène d'une virtuosité époustouflante. Woo transcende ce cadre conventionnel par une narration efficace et des rebondissements percutants, mais surtout par une galerie de personnages profondément charismatiques. Chacun d'eux devient le vecteur de sensations pures : la tension, la fraternité, et une jouissance esthétique rare. Les scènes d'action ne sont pas de simples interludes ; ce sont des morceaux de bravoure chorégraphiés avec une science du montage et du cadre qui injecte une dose d'intensité folle.
Que dire du plan-séquence mythique de la poursuite dans l'hôpital, un ballet de carnage de près de trois minutes, aussi chaotique que parfaitement maîtrisé, où chaque rafale et chaque explosion compte ?
Certes, l'excès est roi. La violence est opératique, théâtrale, mais bon Dieu que c'est jouissif ! C'est la quintessence du spectacle cinématographique : on en prend plein les yeux et la tronche, sans que l'intelligence ou le cœur ne soient jamais négligés. La ville de Hong Kong, transformée en un champ de bataille surréaliste, devient à elle seule un personnage à part entière, un décor où se jouent des envolées lyriques furieuses.
Toute la force du cinéma de Woo est là, condensée : le dynamisme, les relations masculines fortes sans jamais tomber dans le ridicule, et une mise en image explosive qui définit les codes du genre pour une génération. Face à la caméra virevoltante de Woo, les comédiens, électrisants (Chow Yun-Fat et Tony Leung, quel face-à-face puis équipe !) s'imposent avec une aura mythique.
Hard Boiled est bien plus qu'un film : c'est le crépuscule flamboyant de John Woo à Hong Kong, une œuvre mémorable et puissante qui clôt en apothéose son cycle hongkongais. Un mythe en mouvement, pure et dure.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Films, 111 pour l'éternité, Une année, un film !, 亞洲路徑 : Voyage à travers le cinéma asiatique et Répertoire : Mes réalisateurs
Créée
le 7 août 2017
Modifiée
le 2 sept. 2025
Critique lue 850 fois
8
226 critiques
Cure-dent au bec, sourire en coin, chemise négligée, gueule d'ange qui a roulé sa bosse. Le gars s'appelle Tequila, donne le La dans les jazz bar, boit le thé à l'aube et travaille comme flic à Hong...
le 16 nov. 2014
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Je suppose que ce ne serait pas mentir que d'affirmer que John Woo est au sommet de la pyramide du cinéma hongkongais, à l'instar de Tsui Hark, il l'a réinventé de fond en comble au cours des années...
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