De Paris, Lilia revient à Sousse pour les funérailles de son oncle Daly, retrouvé mort dans d’étranges circonstances. Autour de sa grand-mère, elle retrouve mère, tante et cousins.
Sous le sable tunisien s’enfouissent secrets et mensonges. Secrets de famille, secrets d’alcôve, secrets de polichinelle. Si on les sait ou les devine, mieux vaut garder le silence pour se protéger du monde. Les fréquentations de Daly étaient plus ou moins connues, tout juste tolérées. « Bien fait pour lui ! », glissera un policier. Alors imaginer que celle que Lilia présente comme sa colocataire puisse être sa compagne relève de la « science-fiction ».
Cette société ouvre à peine les yeux sur les ailes du désir et les aléas de l’amour. Ici, un homme avec un homme, c’est une infamie encore punie par la loi. Quant à une femme avec une femme, il s’agit d’un non-sens qui ne vaut pas la peine qu’on s’y attarde.
La réalisatrice s’empare du sujet tabou de l’homosexualité en pays arabe avec courage et douceur. Sage néanmoins, elle n’insiste guère sur l’enquête — au risque d’un léger goût d’inachevé — préférant creuser les rapports mère‑fille. Dans une belle mise en scène, l’oncle Daly apparaît comme un fantôme surgissant dans les souvenirs de Lilia et se mêlant à sa réalité présente. Ange protecteur et guide, il l’aidera à se révéler aux autres et à elle-même pour enfin se libérer. Autre réussite esthétique, cet accouplement saphique où les corps, en transparence, se superposent et font crier la soie.
(6.5/10)
@cinefilik.bsky.social
cinefilik.wordpress.com