J'ai regardé *Abus de faiblesse* avec intérêt, attiré par le fait que le film s'inspire de l'histoire personnelle de Catherine Breillat. Le sujet est fort : la fragilité physique et psychologique après un AVC, la manipulation, l'emprise et les rapports de pouvoir. Malheureusement, le résultat m'a laissé une impression très mitigée.


Le premier élément qui m'a frappé est une incohérence médicale difficile à ignorer. Au début du film, lorsque l'héroïne se réveille, elle constate que son bras droit est insensible. Pourtant, après son hospitalisation, elle est présentée comme souffrant d'une hémiplégie gauche, avec un bras gauche paralysé pendant tout le reste du film. Pour un spectateur averti, cette inversion est incompréhensible. Un AVC ne change évidemment pas de côté au cours de l'histoire. Il est surprenant qu'une erreur aussi visible ait échappé au tournage, au montage et à la validation finale.


Au-delà de cette incohérence, c'est surtout la faiblesse de l'écriture qui déçoit. Les dialogues sont souvent pauvres, répétitifs, parfois artificiels. Ils peinent à donner de l'épaisseur aux personnages ou à faire progresser le récit. Beaucoup de scènes semblent s'étirer sans apporter de véritable tension dramatique ni de profondeur psychologique.


Le personnage interprété par Isabelle Huppert est porté par son immense talent, mais même une actrice de cette qualité ne peut compenser des dialogues qui sonnent souvent creux. Quant au personnage de Vilko Piran, il apparaît davantage comme une caricature que comme un manipulateur réellement complexe et inquiétant.


La mise en scène, volontairement dépouillée, confine parfois à la monotonie. Le rythme est lent, certaines séquences se répètent et l'on finit par avoir le sentiment que le film tourne en rond. On comprend les intentions de la réalisatrice, mais elles prennent souvent le pas sur l'émotion et sur la crédibilité.


C'est d'autant plus regrettable que le sujet méritait un traitement plus rigoureux. Les conséquences neurologiques d'un AVC, la vulnérabilité d'une personne en convalescence et les mécanismes de l'emprise psychologique auraient pu donner naissance à une œuvre marquante.


Au final, *Abus de faiblesse* laisse l'impression d'un film intéressant dans son intention mais inabouti dans sa réalisation. Malgré l'engagement d'Isabelle Huppert, les dialogues peu inspirés, le rythme parfois laborieux et une incohérence médicale majeure nuisent à la crédibilité de l'ensemble. Un film qui suscite davantage la perplexité que l'émotion.


Bernard-59
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le 5 août 2026

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Bernard 59

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