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James Cameron, réalisateur fasciné par l'océan, aime filmer et explorer les profondeurs autant dans sa vie, étant passionné de plongée et exploration en sous-marin, que dans son art. Les nombreux long-métrages qui traite le sujet en atteste. Titanic, Abyss, Avatar. Ce qu'il y a de fascinant c'est qu'à ce jour aucun cinéaste n'a autant explorer le sujet et de façon aussi complexe et profonde. On ressent son appartenance à cet élément, son obsession et sa dévotion.
Mais là où le bas blesse c'est quand votre obsession vous porte à mettre en danger les personnes avec lesquelles vous collaborez et pour qui vous n'avez aucun égard. Que ce soit Ed Harris, qu'il a failli tuer pour rendre une scène plus réaliste ou encore Mary Elizabeth Mastrantonio qui a été poussé à la dépression nerveuse et a quitté le plateau pour ne plus revenir. Le deux ayant promis qu'il ne retravaillerait plus avec le réalisateur.
Au nom de l'art diront certains mais jusqu'à quel point ? Il est difficile de se laisser aller à la beauté absolue de ce film quand on sait tout cela, ça compromet le plaisir mais surtout l'œuvre. Car elle est la résultante d'un traumatisme pour ceux qui l'ont réalisé. C'est fort dommage car quel spectacle. Quand on prend du recul et que l'on se rends compte que le projet a été réalisé dans les années 80, on prend d'autant plus conscience de l'œuvre monumentale que l'on a sous les yeux. Les décors, les différentes techniques et ingéniosités mises en place, comme la restitution des abysses dans le bassin d'une centrale nucléaire désaffectée. Que ce soit de la mise en scène à l'atmosphère tout y est parfaitement incarné. Et quelle atmosphère et esthétique, ce sont les éléments à ce jour qui m'auront le plus marqué. Comme Yves Klein, James Cameron a su créer son bleu océan obsédant, contaminant autant l'intérieur que l'extérieur du navire. On y est absorbé et la lumière y est quasiment hypnotique. De sorte que le spectateur ai vraiment l'impression de ne pas seulement observer derrière son écran mais d'y être lui-même immerger. Quant à la personnification de l'océan, ses créatures polymorphes et ses décors venus d'un autre monde, faisant penser à l'Atlantide perdu, sont d'une beauté époustouflante. Ces couleurs, ces lignes, ces formes, c'est Cameron qui livre une poème touchant, empreint d'amour et de respect à cet élément. L'océan n'étant plus qu'un décor, un lieu, où se joue les péripéties de nos héros mais le sujet, voir le personnage principal lui-même.
C'est donc bien dommage... car rentre en jeux, la deuxième gigantesque raison pour laquelle ce film accumule les red flags. C'est désolant d'avoir autant de considération et d'admiration pour cette forme de vie et en déprécier autant d'autres. Misogynie quand tu nous tiens... D'accord on est dans les années 80 et on est bien conscient que le langage et les propos qui étaient permis à l'époque font scandale de nos jours mais ce n'est pas une raison. Rare ont étaient les films qui m'ont mis autant mal à l’aise et dont la misogynie était autant flagrante et palpable qu'elle en altérait le visionnage du film tout entier. Lindsey, un des personnage principaux et quasiment unique représentation féminine de tout le casting est, disons-le clairement, harcelé tout du long. Maltraité dès les premières secondes, on la déteste bien avant qu'elle n'ouvre sa bouche. Sa présence dérange, horripile, on l'appelle plus "bitch" que Lynds. Son mari (malgré de nombreux différents) qui est censé l'aimer ou du mois la respecter, participe alléggrement au florilège d'insulte et quasiment chaque personnage tour à tour s'en donne à cœur joie. Comble de l'histoire, Lyndsey elle-même, dans l'une des scènes finales, finira par se dénigrer et se traiter de (garce/pute) a selon de la traduction que vous voulez lui donner. J'entends bien que dans ce genre de milieu et à fortiori à cette époque la misogynie pouvait être très marqué. Mais quel était l'intérêt de le metrre autant en lumière ? Quel propos cela servait -il dans le film ? Aucune critique sous-jacente peut être ressentie. C'est du sexisme pur est dur en revanche et toalement gratuit. Minutes après minutes ça en devient insupportable jusqu'à en parasiter l'œuvre toute entière.
Comment peut-on être aussi sensible et respectueux et à la fois déprécie autant sa propre espèce ? A plusieurs niveaux ce film est un chef d'œuvre mais sa beauté en a été fortement dénaturé par l'artiste lui-même.
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