J'avais gardé le souvenir d'un film médiocre dans une époque (les années 80) où je me tapais une flopée de films d'action ; revu après bien des années, je réhabilite ce film, comme quoi faut revoir des films si on a un doute.
Les années 80 ont multiplié et popularisé les acteurs de films d'action, Action Jackson est un film qui à lui tout seul rassemble tout ce qui a été vu dans cette décennie 1980, le meilleur comme le pire. C'est un film devenu culte mais il fut hélas un semi-échec critique et commercial au box-office US, ce qui contribua à couler prématurément la carrière de Carl Weathers pourtant bien engagée depuis Rocky en 1976. Il rapporta péniblement 20 millions de $ pour un budget de 7 millions, et malgré le marché de la VHS qui rapporta 45 millions, il était déja trop tard pour Carl qui dut enchainer ensuite TV-films et épisodes de séries TV.
Et pourtant, c'est un polar d'action tout à fait correct, il ne méritait pas cet injuste massacre par la presse US ; on est loin bien sûr des grandes réussites de Piège de cristal (sorti la même année, en 1988), de Predator (que Carl Weathers venait de tourner en 1987), de L'Arme fatale ou de Rambo, mais Action Jackson verse dans l'action burnée et débridée, réunit plusieurs têtes connues parmi les seconds couteaux de l'époque (Bill Duke, Robert Davi, Ed O'Ross, Sonny Landham, Craig T. Nelson, Al Leong), plus quelques 3ème rôles aux mines patibulaires comme Branscombe Richmond (encore dans un rôle de petite frappe), des figures familières des polars et des films d'action des 80's. Sans oublier 2 belles plantes, avec Vanity (qui en plus chante 2 chansons) et Sharon Stone, encore dans un rôle secondaire après les 2 films sur Allan Quatermain et Nico (où elle incarnait l'épouse de Steven Seagal) ; elle montait doucement, elle allait tourner Total Recall en 1990, avant d' exploser dans Basic Instinct.
Ce rôle de flic dur à cuire, Jericho Jackson était taillé sur mesure pour Weathers, le film aurait pu lancer une franchise et imposer un nouveau héros black comme le fut Eddie Murphy ou comme allait le devenir Wesley Snipes, mais il n'en fut rien ; le tout était réalisé par Craig R. Baxley, ancien chef-cascadeur qui réussit pas mal de belles cascades ici, avec de la casse de bagnoles et des explosions, on lui devra juste après, Dark Angel, un bon film de SF avec Dolph Lundgren, avant de sombrer dans les TV-films de série.
Alors comment expliquer cet échec ? il est vrai que le film n'apporte rien de nouveau dans le genre, on est dans un déroulé classique, avec scènes de bagnoles, poursuites, fights pêchus, méchant ignoble, plan nichons, humour au second degré, et punchlines en veux-tu en voila. Le réalisateur délaisse une intrigue peu originale et privilégie l'action avec son savoir-faire, il n'y a pas de scénario recherché, on est là pour voir de la castagne et le corps huilé de Carl Weathers. Une formule sans doute trop usée.
Mais le tout reste efficace et n'ennuie pas, ça se regarde sans souci grâce à une combinaison d'éléments décrits plus haut, et un rythme élevé ; le seul souci c'est que c'est un film qui s'inscrit certes parmi les action movies fun des 80's, mais il ne marque pas, il reste trop classique dans sa formule, on peut le regretter, il permet seulement de passer un bon moment tout en se reposant le cerveau, ce qui n'est déja pas si mal.
A noter que Carl Weathers retrouvait Bill Duke et Sonny Landham qu'il venait de croiser dans Predator.