2
le 1 avr. 2015
SuivreChronique d'un condamné
Il est 19h30. Le film commence à 21h. J'ai promis à une amie de l'accompagner. Vite. Une solution. Je crève un pneu en y allant ? Non ; trop coûteux. Je simule la maladie ? Impossible ; j'ai déjà...
Avec ce film, Jean Luc Godard poursuit le dialogue qu'il entretient avec le Cinéma depuis ses débuts.
Plus que jamais, il expérimente, techniquement, visuellement, au point d'abandonner complètement l'idée même de narration. Les citations, visuelles et dialoguées, aux artistes qu'il affectionne sont toujours là. Il semble s'amuser, travailler vite, et n'apporter que peu d'attention au rendu final.
Reste le dialogue, qu'il compose avec son art, faute d'en avoir avec son public.
Public qu'il laisse volontairement en dehors, rendant inaudible certains dialogues, jouant avec le son et le montage, comme pour lui faire comprendre qu'il n'est pas indispensable à la conversation.
Godard atteint ici un point critique de son œuvre.
En effet, le public n'a jamais été le point de mire de ses films. Le cinéma en lui même, ce qu'en tant qu'artiste parfois visionnaire il peut lui apporter, voilà le but réel de JLG.
Expérimenter, innover, surprendre, changer la façon de concevoir, faire et regarder le cinéma. Tel est le legs de Jean Luc Godard.
Mais jamais il ne s'était autant affranchi de cette notion fondamentale : faire un film pour qu'il soit vu, et compris. De ce besoin de parler à un spectateur.
Plus besoin d’intermédiaire, plus besoin de témoin.
Désormais Godard s'adresse directement au Cinéma. La seule fonction qu'il accorde au public, c'est de justifier l’existence du film en le visionnant.
La où les autres cinéastes utilisent le cinéma pour dialoguer avec leur public, Godard utilise le public pour dialoguer avec le Cinéma.
Et cet échange pourrait durer encore l'éternité, tant il semble aimer s'y perdre.
Mais on peut se demander si cette conversation est toujours fructueuse, ou bien s'il la fait trop durer, par crainte de la voir s'arrêter pour de bon.
Créée
le 23 mars 2021
Critique lue 71 fois
2
le 1 avr. 2015
SuivreIl est 19h30. Le film commence à 21h. J'ai promis à une amie de l'accompagner. Vite. Une solution. Je crève un pneu en y allant ? Non ; trop coûteux. Je simule la maladie ? Impossible ; j'ai déjà...
3
le 2 juil. 2014
SuivreBon voilà, j'ai pas aimé. J'ai compris le film, mais j'ai pas compris pourquoi. Pendant une heure dix, Jean-Luc Godard nous montre des images et des sons dans le désordre, pas toujours de lui,...
1
le 13 déc. 2014
Suivre... où il faut quand même arrêter de se foutre de la gueule du monde.
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème