L'obsession de Scott pour la religion (que Covenant étend à son tour à travers le prisme de David et Walter), n'est en rien nouveau. Il l'avait déjà mis en place dans Prometheus et l'avait effleuré avec la subtilité d'un tractopelle dans Exodus (pour ne citer que les récents travaux du monsieur).
Alien : Covenant est un film certes informe, empêtré dans ses (trop) nombreux défauts, mais fascinant à bien des égards. Parler de nanar, comme j'en ai vu certains le déclarer, voir de bouse, c'est extrême et un peu fort de café.
On ne peut nier toutes les qualités du film ni tous ses défauts. Le soucis c'est que, à l'instar de Prometheus, Alien Covenant fourmille d'idées mais qui sont entachées par un scénario maladroit. À croire que Scott est désormais tellement obnubilé par ses idées de fond qu'il en oublie de traiter le récit de base.
Du coup on a un film maladroit mais qui mérite qu'on s'y penche un peu, contenant des références nullement artificielles (Michel-Ange, Ozymandias, en passant par Le Paradis Perdu, bref, tout y passe). La seule véritable déception à mes yeux résultant du fait que Scott s'évertue à détruire out ce qu'il met en place : d'abord la mythologie de la créature qu'il ne peut s'empêcher de revisiter, cassant un peu ce qui avait été créé au fil des quatre films originaux - oui il aime pas la Reine Alien, mais elle existe désormais -, mais surtout il balaie d'un revers de manche tout ce qu'il avait mis en place dans Prometheus et le mystère autour des Créateurs afin de contenter une horde de fans acerbes...
Scott a beau vouloir montrer qu'il est le chef du vaisseau, il a bien du mal à affirmer ses idées et laisse bien souvent son équipage lui dicter sa conduite.
Du coup, ces deux films (Prometheus et Covenant) reflètent exactement ce qu'est le laboratoire de David : des créations bancales et difformes. Après tout, entre un créateur qui se réclame seul maître à bord et un robot qui observe avec émotion la perfection de la création qu'il a faite, nous ne sommes pas si loin d'une autobiographie fictionnée et maladroite (l'un est satisfait de son œuvre, l'autre ne le semble pas tant que ça)...
À quand la perfection, du coup, pour Scott ? A mes yeux, si on suit la logique elle arrivera bien des années plus tard, en l'an de grâce 1979...