Alors, quoi en dire de ce dernier « Alien » n'ayant pas fait l'unanimité (euphémisme) ? Et bien plusieurs choses. D'un côté, force est de reconnaître que Ridley Scott a su s'adapter visuellement à son époque : photographie cristalline superbe, décors intérieurs et extérieurs du plus bel effet, l'arrivée sur la planète étant à ce titre un très beau moment de cinéma, presque poétique. De plus, le film parvient à aborder certaines thématiques en évitant relativement bien le manichéisme, que ce soit-celle du clone ou de l'héritage génétique, sujets jamais réellement abordés dans la saga (si ce n'est peut-être dans « La Résurrection » pour le second). Malheureusement, même si le talent de Scott est indéniable pour nous plonger dans un univers sombre voire un peu cauchemardesque, le choc sismique qu'avait pu être « Le Huitième passager » n'est clairement plus là.
Certes c'est efficace, mais le schéma reste à bien des égards le même, si bien qu'hormis ces quelques aspects évoqués précédemment, rien de réellement nouveau à se mettre sous la dent, de belles visions, une poignée de scènes « intimistes » bien pensées... et c'est à peu près tout. Après c'est la saga « Alien » : on sait ce que l'on va voir et même si ce volet n'est clairement pas du niveau de l'originel, comme « blockbuster des temps modernes », il tient la route, malgré de réelles faiblesses scénaristiques et le fait qu'il soit le sixième volet d'une saga ayant vu quelques beaux spécimens. Pas de réel apport à la mythologie « Alien », donc (à noter d'ailleurs une interprétation très inégale dominée sans mal par Michael Fassbender (Billy Crudup s'en tire également avec les honneurs)), mais un divertissement de qualité, aux ambitions philosophiques un peu mises à mal mais visuellement très au-dessus de la moyenne : c'est déjà ça.