Suite de Prometheus, Alien Covenant sort en 2017, soit 5 ans après. Ridley Scott revient une nouvelle fois à la réalisation, avec la double promesse de répondre aux questions restées sans réponse dans Prometheus et de connecter cette suite à son Alien de 1979. Verdict ?
Très déçu de Prometheus malgré quelques points positifs qui auraient mérité davantage d’approfondissement, j’espérais de ce Alien une œuvre maîtrisée et cohérente qui redonne à cette saga sa grandeur passée. Le résultat est une noyade sans nom. A l’inverse de Prometheus, RIEN n’est à sauver.
- Premiere gros raté : les PERSONNAGES.
Quand on regarde le casting du film, on est content de retrouver en tête de liste les noms de Noomi Rapace (Professeur Shaw) et de Michael Fassbender (David).
Ici, après un long suspense, on apprend que le professeur Shaw, héroïne de Prometheus, est juste MORTE. Comme ça, de but en blanc. Pourquoi avoir autant mis en avant son personnage dans PROMETHEUS pour s’en débarrasser comme ça, avec aussi peu de considération ?
Concernant le personnage de David, tout ce qu’il dégageait de positif (mystère, charisme) dans Prometheus prend ici l’effet inverse. David devient littéralement le grand méchant de l’histoire, sans ambiguïté aucune, ce qui dénote quelque peu avec sa fin dans Prometheus et lui enlève toute son aura mystérieuse. L’omniprésence de Michael Fassbender, amplifiée par la création du personnage de Walter, est ici abrutissante et se fait au détriment des autres personnages et de l’intrigue. De simple androïde, David prend un rôle bien trop central, réduisant le préquel d’Alien à son œuvre.
A côté du dédoublement David / Walter, on a droit à une avalanche de personnages multiples et inutiles qu’on oublie aussi vite qu’on les découvre, tous victimes d’une écriture nauséabonde. Entre stupidité manifeste dans leurs actes et besoin pathologique des scénaristes de mettre en scène un maximum de couples, les personnages ne génèrent aucun attachement.
- Second point que l’on se doit d’aborder : la faiblesse du SCÉNARIO.
Alors qu’on attendait de vraies révélations sur les INGÉNIEURS et la création du XENOMORPHE, on a juste DAVID, l’androïde.
Réduire les origines d’Alien à l’action d’un seul être est vraiment léger et signe d’une grande paresse chez ceux qui ont écrit l’intrigue.
- Personnages mal écrits, scénario faible, le film souffre de surcroît d’un rythme inégal, compliquant l’immersion du spectateur.
Entre pseudo-réflexion philosophique à consonance religieuse et affrontements survitaminés en mode HD futuriste, le rythme n’acquiert jamais une fluidité, ce qui alourdit considérablement le rendu du film.
- Dernier point négatif à mentionner, les MOYENS. Comme je l’avais pointé pour Prometheus, les moyens mis en œuvre, bien que de grande qualité, posent un problème majeur de cohérence dans la mesure où ils sont bien trop impressionnants par rapport aux anciens Alien, sortis il y a des décennies mais dont le scénario se déroule bien après.
Un constat identique à celui de la saga Star Wars, visible à travers le décalage entre les épisodes 4, 5, 6 (sortis fin 70 - début 80) et les épisodes 1, 2, 3 (sortis fin 90 - début 2000), bien que les films soient ici à l’inverse d’excellente qualité.
Quand on réalise des prequels à une saga des années plus tard, il faut être un minimum cohérent, y compris dans les moyens mis en œuvre...
- En conclusion, je dirai que ce film est l’illustration de l’échec de Ridley Scott à faire renaître une saga culte qu’il avait lui-même créé des années auparavant.
Le problème vient selon moi du fait que Ridley Scott n’a jamais accepté les suites apportées à son œuvre de 1979, réalisés par ses rivaux James Cameron et David Fincher.
Soucieux de bien montrer que cette saga est la sienne et que lui-seul en maîtrise les codes, Ridley Scott a mis le paquet sur ces deux prequels mais de façon excessive et décousue. Pour un résultat pitoyable...
Un manque d’humilité qui aura détruit ce qu’il reste de la saga...