Un androïde sert du thé à son concepteur. Il s'appelle David en référence à Michelangelo. Le pré-générique présage d'un film mystérieux, comme le premier Alien. Il en restait encore dans Prometheus. Et en fait... Non. Ridley Scott s'offre ici sa série B de luxe entre du Dario Argento et JF partagerait appartement avec la présence d'un Michael Fassbender qui sombre dans l'auto parodie. Sans oublier cette scène de la douche qui fait penser à The Faculty. En résumé, la forme est un peu une sorte de "collage décalé".
Là où le réalisateur mettait en avant des personnages-symboles, il place désormais devant l'objectif des personnages-fonctions. Scott devient Cameron. Tout le film lui même devient fonctionnel. Convenu, attendu, tout est huilé plus comme un thriller des années 90 que comme un film de science fiction des années 2010. Du coup les questionnements des androïdes sur les humains manquent de relief. On tente pourtant de faire appel à notre nostalgie en remettant une héroïne cette histoire provoquée par une explosion de neutrinos. Mais l'actrice (oh oui, même l'envie de chercher son nom ne vient pas) principale est aussi charismatique qu'un brin herbe. Rassurons là, tout le casting est un epic fail comme on dit de nos jours. Au fond, il n'y a rien à sauver. Même pas ces bébés aliens au teint laiteux. La tentation de mettre 1 est grande. Mais bon c'est Ridley Scott quand même. Et puis il reste l'exploit technique du bureau des effets spéciaux d'avoir réussi à faire se toucher un acteur et son double à l'écran. D'ailleurs cette scène représente bien le fond de l'histoire : quand on a plus d'idées et qu'on sert une recette fade, il ne reste qu'à jouer du pipeau. Allez, j'y vais, mon thé va être froid.