2
le 28 août 2024
SuivreCrachat au visage
Ce film est un véritable crachat au visage des spectateurs, mais parce qu'il est propret et qu'il ne prend pas de risques (contrairement à Prometheus et Covenant) il ne recevra pas la haine qu'il...
Voir le film
Il y avait un mince espoir. Celui que Fede Alvarez retrouve, avec cet Alien: Romulus, la sève (on n'ose parler d'acidité) qui avait ranimé, il y a déjà onze ans, l'esprit malveillant d'Evil Dead avec force et brio. Enjeux minimaux (survivre, point), gore décomplexé (la violence assez inouïe de ce remake sorti de nulle part en avait surpris plus d'un), et personnages (suffisamment) charismatiques : on n'en demande pas beaucoup plus à un bon film d'horreur. Mais cet espoir restait mince car le soufflé s'était déjà quelque peu dégonflé trois ans plus tard avec le décevant Don't Breathe. Sans compter un troisième film, de franchise (un énième Millenium), que tout le monde a sans doute oublié depuis belle lurette.
Autant le dire tout de suite, on a le sentiment que l'espèce d'irrévérence dont s'était saisi Alvarez pour aborder le totem Evil Dead (une série potache devenue par la grâce du réalisateur Uruguayen un slasher ultra brutal et premier degré) s'est évaporée pour Alien: Romulus. Premier (gros) problème : l'incarnation. Ce n'est pas un hasard si Covenant et Romulus se prenaient assez vite les pieds dans le tapis : Sigourney Weaver/Ripley était absente des débats*. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Ce n'est pas de la nostalgie déplacée : Scott et Alvarez ont été incapables, et leurs acteurs n'avaient rien à voir là-dedans, de caractériser correctement leurs personnages. Il faut quand même se souvenir que les quatre premiers Alien regorgeaient, au-delà du mythe Ripley (à la fois femme forte et discrète, mère et amante, fragile et froide), de seconds couteaux inoubliables. Mais qui se rappellera, dans une semaine, de... qui déjà ? Cette jeune femme plus attachée à son humanoïde qu'à ses "amis" humains. Ironiquement, c'est d'ailleurs sans doute cet Andy, sorte de Terminator 3è version (qu'on se rappelle le final étonnant du film de Jonathan Mostow - largement sous-estimé - où Schwarzy perdait la boule) qui, toute proportion gardée, parvient à prendre le premier rôle.
Sur le plan de la narration, on peut faire vite : Romulus ressemble à une vidéo YouTube de fan qui aurait décidé de remonter les quatre premiers épisodes : même couloirs de vaisseau, même fusils, même Ash, même labo, même monstre hybride, mêmes caissons... On continue ? Deux "innovations" : l'acide en apesanteur (si l'idée fonctionne, le résultat à l'image, lui, est plutôt laid) et la ceinture d'astéroïdes qui donne sans doute lieu aux plus beaux plans de Romulus. Point. Est-ce qu'on préférait les délires mysti-cons de Covenant ? Certainement pas. Mais Fede Alvarez semble avoir voulu prendre le contrepied de Scott en respectant une seule règle : ne pas toucher aux meubles, quitte à laisser la poussière dessus, et bien en évidence. Jamais il ne parvient à s'approprier l'univers Alien.
Même du point de vue de la violence graphique il y a de quoi être déçu. Avec Alvarez aux commandes on pouvait s'attendre à quelques scènes choc mais là aussi le réalisateur paraît bien timoré. A titre d'exemple, le dernier chestbuster de Ridley Scott était sans aucun doute beaucoup plus traumatisant, et c'était d'ailleurs la seule bonne scène de Covenant. Il a été dit ça et là que Alien: Romulus revenait aux effets spéciaux organiques, décision épousant un mouvement plus large et récent de défiance vis-à-vis des CGI. Très bien. Et ? Est-ce que les bestioles en sont pour autant plus effrayantes que les précédentes ? Non. Et on serait tenté de dire que cette histoire d'effets spéciaux vendue en promo est surtout un argument pour masquer les difficultés de mise en scène d'Alvarez à construire une tension forte, allant au-delà de la sensation de déjà-vu. Mais gageons que, "grâce" au succès au box office de ce sixième film de la franchise, d'autres réalisateurs sauront tenter de nouveau leur chance.
*ce qui nous fait une nouvelle fois regretter le projet avorté, avec Weaver, de Neill Blomkamp.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste flop 10 2024
Créée
le 21 août 2024
Modifiée
le 22 août 2024
Critique lue 26 fois
2
le 28 août 2024
SuivreCe film est un véritable crachat au visage des spectateurs, mais parce qu'il est propret et qu'il ne prend pas de risques (contrairement à Prometheus et Covenant) il ne recevra pas la haine qu'il...
7
le 15 août 2024
SuivreLa tendance est connue : lorsqu’une franchise a été essorée mais que les studios sont bien conscients d’un reste de potentiel en dépit des déceptions précédentes, rien de tel qu’un bon retour aux...
7
le 15 juin 2025
Suivre- Nos colonies agonisent. Températures invivables, maladies inédites, rejets miniers toxiques. Une succession de catastrophes imprévisibles.- Les humains n'ont jamais été adaptés à la colonisation...
4
le 16 sept. 2018
Suivrele 6 juin 2024
Persepolis, ou une sorte d’idéal bobo gonflant qui enterre tous les enjeux (la révolution sous-jacente en Iran, l’expatriation, l’adolescence torturée), le tout relayé par cette enfant dont...
4
le 24 janv. 2024
SuivreLa salle de procès qui introduit Les Chambres rouges est d'un blanc immaculé et incarne aussi bien l'inoffensivité de son propos que le vide existentiel qui traverse son héroïne Kelly-Anne. On ne...
5
le 21 avr. 2024
SuivreEn interview dans le numéro d’avril de Mad Movies, Alex Garland se réclame d’un cinéma adulte qui ne donnerait pas toutes les clés de compréhension aux spectateurs, à l’instar du récent Anatomie...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème