L’histoire du cinéma Italien illustre leur capacité et culot pour s’approprier et réinventer un genre, tout en étant fidèle à leur vision du cinéma. Il est donc légitime qu’un Italien est la prétention de parodier l’une des oeuvres majeures du cinéma d’animation : Fantasia.
Dès l’ouverture de son film, Bruno Bozzetto crie ouvertement qu'Allegro Non Troppo est une suite spirituelle de Fantasia. Cependant, le ton et l’ambiance qu’il dégage montrent sa volonté d’une oeuvre moins conformiste, et beaucoup plus drôle et décalée. Son ambition n’est donc pas de dénoncer et discréditer le travail de Walt Disney, mais bien de lui rendre hommage, à sa façon. Notamment par des critiques sociales, antimilitarisme, et une approche beaucoup plus mature. Disons que l’oeuvre de Walt cherche à attirer l’attention d’un public familiale et beaucoup plus hétérogène, alors que Bozzetto se limite au cinéma d’animation pour adultes. Situation qui justifie les nuances qu’apporte le cinéaste du pays à la botte.
Après cette ouverture la comparaison n’est donc plus envisageable, car malgré quelques clins d'oeil sur «prélude à l’après-midi d'un faune» de Debussy assez proche de «Symphonie Pastorale» de Ludwig van Beethoven. Mais véritablement lors du passage majeur de son oeuvre avec «Boléro» de Ravel qui rappelle «Le Sacre du printemps» de Igor Stravinsky dans Fantasia. Pour le reste, l’italien impose son style et expose son talent. D’ailleurs, tout comme Disney, il offre à son personnage fétiche :Mr Rossi, une petite apparition remarquable et bien vue.
Malgré un ton beaucoup plus décalé et propre au divertissement, l’oeuvre de Prisney (Bozzetto) se divise en deux ambiances bien distinctes. L’une très burlesque, rappelant parfois Fellini, dans les intermèdes. A noter une magnifique prestation de Maurizio Nichetti qui joue le rôle de l'animateur séquestré et esclave du maestro. Et l’une bizarrement assez proche du travail de Walt, plus expérimental, propre à la fascination. Quoi qu'il en soit dans chacun des cas, le travail est concluant, notamment lors des passages animés (Très inspirés et innovants). Toutefois les intermèdes ne sont pas toujours réussis, à quelques moments trop lourds.
Cet héritier désinvolte de Fantasia est une oeuvre, certes pas aussi irréprochable techniquement parlant que son aîné, cependant il offre une prestation digne des indispensables du cinéma d’animation. Que l’on perçoive un hommage, ou un anti-Disney, il est difficile d’être indifférent au travail si particulier de Bruno Bozzetto.
A noter: Une exposition du travail du maestro italien a été mise en place par Disney : http://www.waltdisney.org/Bozzetto
Page Youtube de Bozzetto : https://www.youtube.com/channel/UCOb1snKBCuJan-3K8ljk2Iw