Imaginez un duo de bras cassés propulsé dans l’uniforme sans jamais avoir foulé les bancs de l’académie de police. C’est sur ce pitch à mi-chemin entre l’absurde et le comique de situation qu’Almost Cops tente de bâtir son identité. Et autant dire que le chantier est aussi chaotique que les interventions de ses protagonistes.
Le film mise tout sur la dynamique de son tandem central : deux loosers attachants, certes, mais rapidement prisonniers de leurs clichés. Les gags s’enchaînent dans un rythme soutenu, parfois trop, donnant une impression de sketchs collés bout à bout, sans réel liant. Quelques fulgurances font sourire, voire franchement rire — notamment certaines scènes en infiltration — mais le tout manque cruellement de consistance.
Côté jeu d’acteur, les interprètes semblent s’amuser, et leur complicité transparaît à l’écran. Dommage que le scénario les abandonne en cours de route au profit de rebondissements artificiels et d’une satire policière qui reste en surface. On aurait aimé que le film ose plus, aille au bout de sa critique sociale ou de son absurdité.
La mise en scène reste fonctionnelle, sans éclat, comme si elle se contentait de suivre le chaos sans tenter de l’ordonner. Seule la bande-son, rythmée et plutôt bien choisie, apporte une énergie bienvenue dans cet univers un peu trop plat pour tenir la distance.
En résumé : Almost Cops est une comédie qui joue sur des ressorts classiques sans vraiment se réinventer. Divertissant par moments, oubliable sur la durée.
Ma note : 5/10.