Entre la sensorialité et l’organique, les émotions nous traversent. Des cendres dispersées des êtres perdus aux corps figés dans le marbre, la temporalité bouleversée du récit convoque le deuil, ses réminiscences et ses souvenirs. À travers la contagion d’une maladie mystérieuse, Ducournau métaphorise la fois le drame du sida et l’isolement des malades lié à la peur paranoïaque de la contamination, à l’homophobie. Sur la trame de cette tragédie, se tisse une sorte de psychanalyse familiale où dépendance des liens, addiction à la drogue, angoisse de perdre les êtres aimés et leur amour inconditionnel font écho aux traumas du passé, qui telle une malédiction ancestrale se répètent de générations en générations... Lorsque passé, présent s’entrelacent de manière parfois déconcertante, l’onirisme, le fantastique et la poésie ne sont jamais loin.

Une fois encore, la réalisatrice explore la thématique du corps, qu’il soit réel ( le corps qui saigne, le corps percé par des seringues, tatoué, abîmé...) ou symbolique ( le corps statufié, ou encore craquelé qui part en morceaux) Pour incarner les protagonistes de cette histoire familiale et sociale : les remarquables Golshifteh Farahani, Mélissa Boros et Tahar Rahim.



Créée

le 23 août 2025

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