Alpha, réalisé par Julia Ducournau, poursuit une trajectoire radicale en misant sur la provocation et l’intensité sensorielle comme moteur principal du récit.
Mais ici, j’ai surtout eu l’impression que la réalisatrice cherche à impressionner à tout prix, en enchaînant des scènes paroxystiques souvent gratuites. Les personnages peinent à exister autrement que dans la démonstration : Tahar Rahim en fait beaucoup trop, tandis que Golshifteh Farahani et Mélissa Boros restent enfermées dans des figures peu nuancées et peu attachantes. Les motifs scénaristiques, martelés sans variation, finissent par lasser et donnent un sentiment de répétition constante.
Je ne conseillerais donc pas Alpha, tant l’émotion que le film suscite se résume ici à une fatigue progressive, plus qu’à un véritable malaise stimulant.