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J'ai vu Alpha ce matin en première séance, puis ce soir en consultant Sens Critique : stupeur. Avec une moyenne de 5,4, le dernier film de Julia Ducournau, Alpha, semble diviser. Une sévérité peut-être excessive envers une réalisatrice que la critique a longtemps portée aux nues.
Julia Ducournau nous a habitués à un cinéma viscéral, singulier et souvent acclamé (Grave, Titane). Dès lors, il n’est pas surprenant que Alpha déçoive une partie du public. Le film, reconnaissons-le, a quelque chose d’un grand fourre-tout. Il lui arrive de manquer de subtilité, et Mélissa Boros, dans le rôle principal, peine parfois à convaincre. La direction d’acteurs, elle aussi, laisse à désirer.
Il serait injuste pourtant de réduire Alpha à ces faiblesses. Car le long-métrage recèle de vrais éclats : un Tahar Rahim magistral, des séquences visuellement saisissantes, et surtout cette idée bouleversante des corps figés à jamais. Fidèle à son credo, Ducournau préfère montrer que faire dire, s’appuyant sur la puissance brute de l’image.
La question demeure : ne sommes-nous pas plus sévères avec les cinéastes reconnus qu’avec les faiseurs anonymes de blockbusters calibrés ? Les mêmes spectateurs qui condamnent Alpha n’hésitent pas à plébisciter des productions Marvel ou DC autrement plus convenues. Une intransigeance à géométrie variable qui interroge notre honnêteté critique.
Non, Alpha n’est pas à la hauteur des précédents films de Ducournau. Mais il n’en reste pas moins porteur d’un véritable intérêt cinématographique, supérieur à la majorité des sorties récentes. Entre ambition et maladresses, il témoigne du parcours d’une cinéaste qui, même en demi-teinte, ose davantage que beaucoup d’autres.
Créée
le 20 août 2025
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