Ne connaissant pas les précédents longs-métrages du duo Nicolas et Bruno (à part quelques souvenirs télévisuels lointains du « Message à caractères informatif »), on est vite tenté comme lu à droite à gauche, de rapprocher cette comédie de l’univers d’un Quentin Dupieux.


A raison car on y retrouve une idée forte façon « high concept » surréaliste (avoir comme sosie, avec des cheveux, son voisin et le fait d’être le seul à se rendre compte de la ressemblance) qui débouche mi drôles mi malaisantes et des acteurs prennent un plaisir communicatif à jouer sur leur image en participant à ce petit jeu de massacre gentiment caricatural ; tout y passe : le couple, la vie en pavillon et le monde l’entreprise.

Evidement Laurent Laffite est parfait et jubilatoire dans ses deux interprétations suffisamment différentes pour bien croire à la coexistence de ces 2 personnages

(lorsqu’il emprunte la perruque à la fin, on voit toujours bien la différence entre Alex et Axel)

sans pour autant tomber dans un quelconque surjeu. Il est aidé pour cela par des effets spéciaux impeccables (en revanche il faut quelques minutes pour s’habituer à cette photo un peu « baveuse » ) et un jeu astucieux sur le montage/utilisation d’une doublure.


A tort, car les réalisateurs tiennent mieux leur récit que la majorité des films de l’ex Mr. Oizo grâce à une structure narrative classique mais maitrisée et qui progresse habilement dans l’absurde ; au fil des jours cette folle semaine, le personnage passe de la découverte/sidération à une forme de jalousie/angoisse/déprime pour finir

par une phase de rébellion (le meurtre puis la substitution) ; petit bémol sur cette fin, logique dans son jusqu’au boutisme façon conte moral mais qui s’avère tout de même abrupte (on aurait bien aimé voir les mésaventures d’Alex se prolonger).

Mais ce qui fait la force du long-métrage est le soin apporté » aux personnages et au regard bienveillant des auteurs sur eux (pas de cynisme comme souvent chez Dupieux) : malgré leurs défauts (orgueil, stupidité, jalousie) et une certaine médiocrité (si on veut être méchant), on peut facilement s’attacher voir même s’identifier à eux dans de nombreuses situations ; ce qui renforce la réussite de cette comédie où on rit franchement et régulièrement tout en s’interrogeant sur nos propres angoisses.

Doof-Warrior
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le 28 mars 2026

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Doof Warrior

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