C’est l’histoire d’un gars un peu moyen - parce qu’il porte des fringues moches, qu’il bosse à la COGIP et qu’il est chauve - qui voit débouler un nouveau voisin – son sosie – mais dans d’autres fringues moches, bossant aussi à la COGIP et avec des cheveux. Les deux sont joués par Laurent Labitte de l’Académie des Neuf. Pendant presque tout le film, on va jouer à tête de gland et tête de cul sont sur un bateau. Aussi horripilant l’un que l’autre, ils prennent le spectateur en otage, obligé de subir le show minable de l’un et les chouineries pathétiques de l’autre, se demandant bien de quoi tout ça parle. C’est visiblement une allégorie, ou un conte métaphorique, en tout cas quelque chose d’abstrait étant donné qu’aucun effort n’a été fait pour que le monde semble exister au-delà du salon jardin qui sert de scène à cette pochade. C’est qu’ici, on semble avoir glissé dans une quatrième zone où la Moustache d’Emmanuel Carrère serait passée à la moulinette « Elle voit souvent rouge avec elle sa bouge ». Ceci dit, bien que progressant à un rythme provincial et ponctué par un humour de représentant de commerce, le film ne m’a pour autant pas donné la détestable impression d’être chez Dupieux, coincé devant l’interminable bande-annonce d’un film qu’on n’aura jamais envie de voir. Pour autant, tout ça me semblait bien vain jusqu’à ce que le film ne quitte son décor pour une petite excursion en forêt, générant l’illusion d’un semblant de début d’intrigue. Ou de propos. Notamment vers le remake boule à zed perruque d’un petit chef-d’œuvre qui se refuse à l’oubli et qui, en 5 petites minutes, parvenait à nous faire rire 30 fois et à nous balancer un anarchiste québécois, un archéologue qui joue comme une merde, Jean Valjean et un singe incontrôlable. Eh oui, Bruno & Nicolas, c’est pas facile d’être Sid Marcus ! Bref. Ici, on a Olga Kurylenko à qui on a demandé de ne rien faire et Branche Gadin à qui on en a trop demandé. Sinon, le rythme est provincial et, pour citer de mémoire Begaudeau portant aux nues l’indéfendable Poltergay, « ris qui veut ». Bon. Personne ne m’a forcé mais j’admets bien volontiers avoir pouffé.

MelvinZed
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il y a 4 jours

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Melvin Zed

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