On n'est pas passé loin de la pépite. Durant un peu plus d'une heure, Jay Lee imprime un style visuel bien trempé, assumé avec virtuosité, avec un gros talent pour mettre en place une atmosphère anxiogène (fantastique travail sur le son). Si la descente aux enfers du personnage principal est orchestrée avec une maestria proche de celle d'Aronofsky, il est dommage que le réalisateur opère une évolution un peu brutale et puérile dans les dernières minutes, avec une rupture de ton assez radicale qui ne laissera personne indifférent, dans le bon ou le mauvais sens.
Seul petit reproche à émettre pour ce film par ailleurs pétri de qualités étonnantes, à commencer par son héroïne fascinante interprétée par une Jade Dornfeld habitée (une grande actrice à suivre), et ce scénario qui sait se montrer malin avant le moment fatidique où il bascule dans une autre dimension. Belle performance aussi de la part d'Eddie Rouse avec un monologue culte comme on ne s'attend pas à en trouver dans ce genre de films.
Quoi qu'il en soit, le film ne plaira pas à tout le monde, mais c'est sans doute la variation la plus barrée d'Alice au pays des merveilles.